Dénombrement

Compter méthodiquement avec les principes additif et multiplicatif, les permutations et les combinaisons.

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Pourquoi étudier le dénombrement ?

Le problème fondamental

Imagine la situation suivante : tu dois créer un mot de passe de 4 caractères parmi les 26 lettres de l'alphabet. Combien de mots de passe différents peux-tu créer ? La réponse n'est pas évidente, et pourtant c'est une question très concrète. Si on t'autorise à répéter les lettres, ce n'est pas le même problème que si on l'interdit. Et si l'ordre n'a pas d'importance (par exemple, quand on choisit un comité de 4 personnes parmi 26), c'est encore un autre problème.

Dénombrer, c'est compter le nombre d'éléments d'un ensemble fini, sans avoir à les lister un par un. C'est un problème fondamental en mathématiques, et il apparaît dans énormément de domaines. Voyons lesquels :

Schéma : Le problème fondamental

En probabilités : quand on veut calculer la probabilité d'un événement \(A\) dans une situation d'équiprobabilité, on utilise la formule \(P(A) = \frac{\text{nombre de cas favorables}}{\text{nombre de cas possibles}}\). Pour appliquer cette formule, il faut savoir compter les cas favorables et les cas possibles. Sans dénombrement, pas de probabilités !

En informatique : combien de mots de passe de 8 caractères peut-on former ? Si un pirate teste tous les mots de passe possibles (attaque par force brute), combien de temps cela prendrait-il ? La réponse dépend directement du nombre de mots de passe possibles, donc du dénombrement.

En biologie : une séquence d'ADN est formée de 4 bases (A, T, G, C). Combien de séquences différentes de longueur \(n\) peut-on former ? Pour \(n = 20\), la réponse est \(4^{20} \approx 10^{12}\), soit plus de mille milliards de possibilités. Cela explique la diversité génétique !

En physique statistique : le nombre de configurations microscopiques d'un système détermine son entropie, une grandeur fondamentale de la thermodynamique. Là encore, il faut savoir compter.

L'idée directrice

Bonne nouvelle : même si les applications sont variées, tout le chapitre repose sur une seule question fondamentale que tu dois te poser systématiquement face à chaque problème de dénombrement :

Schéma : L'idée directrice

Ces deux questions (oui ou non pour chacune) donnent quatre cas possibles, et à chaque cas correspond un outil mathématique précis. Voici le tableau récapitulatif : apprends-le par cœur, c'est la colonne vertébrale du chapitre.

Schéma : L'idée directrice

Ne t'inquiète pas si tu ne comprends pas encore toutes les formules. On va les construire une par une, en partant à chaque fois de l'intuition. À la fin de cette fiche, tu sauras exactement dans quel cas tu te trouves et quelle formule appliquer.

L'idée avant la formule

Avant de plonger dans les définitions formelles, construisons l'intuition avec des exemples très concrets. L'objectif de cette section est que tu comprennes le raisonnement derrière chaque formule, avant même de la voir.

Le principe fondamental : le principe multiplicatif

Le principe multiplicatif est la base absolue de tout le chapitre. Si tu ne devais retenir qu'une seule chose, ce serait celle-ci.

Le principe multiplicatif se généralise naturellement : si on fait \(k\) choix successifs avec \(n_1\) possibilités pour le premier, \(n_2\) pour le deuxième, etc., le nombre total de résultats est \(n_1 \times n_2 \times \cdots \times n_k\).

Avec ou sans répétition : la grande distinction

Maintenant, voyons comment les deux questions (ordre ? répétition ?) donnent des situations très différentes, à travers trois exemples.

Le cours formel

On formalise maintenant rigoureusement tout ce qu'on a vu intuitivement. Chaque notion est définie, démontrée, et illustrée.

Cardinal d'un ensemble fini

Opérations ensemblistes et dénombrement

Quand on dénombre, on travaille souvent avec des réunions, intersections, et complémentaires d'ensembles. Voici les règles de calcul associées.

Produit cartésien

\(p\)-listes (ou \(p\)-uplets)

Permutations et factorielle

Arrangements (sans répétition)

Combinaisons

C'est l'outil le plus important du chapitre, et celui qui tombe le plus souvent au bac. Maîtrise-le parfaitement !

Propriétés fondamentales des combinaisons

Cette formule permet de construire le célèbre triangle de Pascal ligne par ligne, chaque nombre étant la somme des deux nombres au-dessus de lui :

Schéma : Propriétés fondamentales des combinaisons

Formule du binôme de Newton

La boîte à outils : Réflexes pour le bac

Cette section est ta check-list avant chaque exercice de dénombrement. Lis-la, relis-la, et apprends-la par cœur.