Ce petit quiz t’aide à partir avec les bons outils. Une base mal comprise peut rendre la suite plus difficile, même si tu travailles sérieusement.
Ce n’est pas une note : en cas d’erreur, tu sauras précisément quoi revoir avant d’avancer.
Tu peux revoir les explications ci-dessus, puis ouvrir le chapitre à ton rythme.
Avant de commencer5 questions pour vérifier tes bases
Pourquoi ce chapitre ?
Le problème fondamental : quels nombres peut-on fabriquer ?
Avec des combinaisons entières de 6 et 10, tu peux fabriquer \(4=10-6\) et \(2=2\times6-10\), mais jamais 3 : chaque combinaison est paire. Le PGCD va préciser cette obstruction. Bézout montrera ensuite qu'elle est la seule obstruction pour une équation \(ax+by=c\) dans les entiers.
Prérequis. Divisibilité, combinaison linéaire entière, division euclidienne et congruences de la fiche 4. Pour les divisions de l'algorithme, les restes sont positifs ou nuls.
Ces notions appartiennent au socle. Le PPCM et le théorème chinois final sont des prolongements construits à partir de Bézout et Gauss.
L'idée avant la formule
Pourquoi remplacer une paire par une autre ?
Les diviseurs communs de 84 et 30 divisent aussi \(84-2\times30=24\). Inversement, ceux de 30 et 24 divisent \(2\times30+24=84\). Les paires \((84,30)\) et \((30,24)\) ont donc exactement les mêmes diviseurs communs. La seconde paire est plus petite : on a progressé sans perdre l'information cherchée.
Le calcul peut se lire dans les deux sens
Les divisions suivantes conduisent à \(30=24+6\), puis \(24=4\times6\). Le PGCD est 6. Relis maintenant à l'envers :
Cette égalité indique les coefficients qui fabriquent le PGCD. Les signes négatifs sont autorisés, puisque l'on travaille dans \(\Z\).
Une solution n'est pas toutes les solutions
Si \(3x+5y=1\), le couple \((2,-1)\) convient. En ajoutant 5 à x et en retirant 3 à y, la somme reste inchangée : on ajoute 15 puis on enlève 15. Le paramètre entier décrira ces déplacements. Gauss permettra de prouver qu'ils couvrent toutes les solutions, et pas seulement une famille commode.
Le cours formel
PGCD et entiers premiers entre eux
Deux entiers sont premiers entre eux lorsque leur PGCD vaut 1. Cela ne signifie pas qu'ils sont chacun premiers : 8 et 15 sont premiers entre eux bien que chacun soit composé.
Algorithme d'Euclide et invariant des diviseurs
La procédure s'arrête : les restes non nuls forment une suite strictement décroissante d'entiers naturels. À la dernière étape, le PGCD de \((r,0)\) vaut \(r\) ; l'invariance prouve que c'est le PGCD initial.
Remonter Euclide et démontrer Bézout
Le théorème de Gauss
Inverses et congruences linéaires
Pour \(6x\equiv9\pmod{15}\), le PGCD des deux coefficients 6 et 15 vaut 3, et il divise 9. Diviser l'égalité entière \(6x-15k=9\) par 3 donne \(2x-5k=3\), soit \(2x\equiv3\pmod5\). L'inverse de 2 modulo 5 est 3, car \(2\times3=6\equiv1\). Multiplier par 3 donne \(x\equiv9\equiv4\pmod5\), donc \(x=4+5t\). Dans l'intervalle \(0\le x<15\), les valeurs de \(t\) sont 0,1,2 : les restes sont \(4,9,14\). Les produits par 6 valent 24,54,84, tous de reste 9 modulo 15.
Équations diophantiennes : toutes les solutions
Si un coefficient est nul, traite l'équation directement. Par exemple \(0x+by=c\) impose \(y=c/b\) entier, puis \(x\) est libre. Si les deux coefficients sont nuls, tout couple convient pour \(c=0\), aucun sinon.
Les deux restes sont donc accompagnés de coefficients qui permettent de les reconstruire à partir des entrées.
Supposons ces deux identités vraies avant un tour. Le nouveau reste est \(r_0-qr_1\). En remplaçant chaque reste par sa combinaison, il devient \(|a|(u_0-qu_1)+|b|(v_0-qv_1)\). Voilà pourquoi on effectue sur les coefficients exactement la même soustraction que sur les restes. L'ancien reste \(r_1\) et ses coefficients deviennent la première ligne ; le nouveau reste et ses coefficients deviennent la seconde. Python évalue les membres droits avant les affectations, ce qui conserve les anciennes valeurs pendant le calcul.
Les restes positifs diminuent strictement, donc la boucle s'arrête. À l'arrêt, \(r_1=0\) et \(r_0=d\), le PGCD. On a \(d=|a|u_0+|b|v_0\). Si \(a<0\), remplacer \(u_0\) par \(-u_0\) transforme \(|a|u_0\) en \(a(-u_0)\) ; on fait de même pour \(b\). Les signes dans le retour assurent donc \(au+bv=d\) pour les entrées signées. Si les deux entrées sont nulles, la boucle est ignorée et le retour respecte la convention \(d=0\).
Posons \(d=\gcd(a,b)\), \(a=da'\) et \(b=db'\). Le cours a prouvé que \(a',b'\) sont premiers entre eux. Le nombre \(M=da'b'\) est positif ; il vaut \(ab'\) et aussi \(ba'\), donc est multiple de \(a\) et de \(b\).
Prenons maintenant un multiple commun positif \(m\). Comme \(a\mid m\), écrivons \(m=da'k\). Comme \(b\mid m\), il existe aussi \(\ell\) tel que \(m=db'\ell\). Diviser l'égalité \(da'k=db'\ell\) par \(d>0\) donne \(a'k=b'\ell\), donc \(b'\mid a'k\). Gauss s'applique puisque \(\gcd(a',b')=1\) : \(b'\mid k\). Écrivons \(k=b't\). Alors
Le nombre \(t\) est un entier positif puisque \(m,M>0\), donc \(t\ge1\) et \(m\ge M\). Ainsi \(M\) est lui-même un multiple commun et aucun multiple commun positif n'est plus petit. Enfin
Trouver tous les couples et imposer une contrainte
Une congruence avec plusieurs classes
Pour \(12x\equiv18\pmod{30}\), le PGCD vaut 6. Comme 6 divise 18, la réduction donne \(2x\equiv3\pmod5\). L'inverse de 2 modulo 5 est 3 : \(x\equiv4\pmod5\). Entre 0 et 29, les solutions sont 4,9,14,19,24,29 : six classes, exactement le PGCD initial.
Pour \(12x\equiv17\pmod{30}\), la condition d'existence échoue puisque 6 ne divise pas 17. Il ne faut pas poursuivre une recherche d'inverse qui ne peut pas résoudre cette équation.
Une méthode pour inverser de grands coefficients
PGCD d'une famille : ne pas s'arrêter aux possibilités
Une combinaison peut montrer qu'un PGCD divise une constante sans déterminer sa valeur. Pour \(d=\gcd(n+1,3n-1)\), la combinaison \(3(n+1)-(3n-1)=4\) impose \(d\mid4\). Mieux, l'invariance des diviseurs donne \(d=\gcd(n+1,4)\). Ainsi d=1 si n est pair, d=2 si \(n\equiv1\pmod4\), et d=4 si \(n\equiv3\pmod4\). Il faut distinguer les cas pour donner une réponse complète.
Exercices progressifs
Les exercices 1 à 5 consolident les bases, 6 à 10 relient les notions et 11 à 15 demandent davantage d'initiative. Cherche d'abord, puis utilise un indice si tu en as besoin.
Exercice 1 : PGCD et signes ★☆☆
Calcule \(\gcd(-18,30)\), \(\gcd(0,27)\) et \(\gcd(8,15)\).
Exercice 2 : Euclide ★☆☆
Calcule \(\gcd(414,162)\).
Exercice 3 : Vérifier Bézout ★☆☆
Vérifie \(35\times(-1)+12\times3=1\). Que peux-tu conclure ? Donne un inverse de 12 modulo 35.
Exercice 4 : Simplifier avec Gauss ★☆☆
Si \(9\mid7n\), prouve que \(9\mid n\).
Exercice 5 : Inverse modulaire ★☆☆
Détermine un inverse de 7 modulo 20 et résous \(7x\equiv9\pmod{20}\).
Si un entier n est divisible par 8 et par 9, montre qu’il est divisible par 72. L’analogue avec 6 et 9 donne-t-il 54 ?
Exercice 11 : Solutions positives ★★★
Une commande de 100 objets utilise des boîtes de 6 ou de 14 objets. Trouve les couples \((x,y)\in\N^2\) tels que \(6x+14y=100\).
Exercice 12 : PGCD dépendant d’un entier ★★★
Pour \(n\in\N\), détermine \(\gcd(n+2,2n+1)\).
Exercice 13 : Une fraction irréductible ★★★
Montre que \((2n+1)/(3n+2)\) est irréductible pour tout \(n\in\N\).
Exercice 14 : Une racine rationnelle, prolongement ★★★
Soit \(P(X)=X^3-2X+2\). Si \(p/q\) est une racine rationnelle avec \(q>0\) et \(\gcd(p,q)=1\), montre que \(q=1\) et \(p\mid2\). Conclus.
Exercice 15 : Invariant de l’algorithme ★★★
Exécute bezout(30, 18) et explique le rôle des coefficients.
Problème : Pour aller plus loin
Ce prolongement est accessible à partir du cours : les résultats supplémentaires sont guidés, et leur mémorisation n'est pas un préalable. Tu peux répartir la recherche sur plusieurs séances.
Deux horloges et le théorème chinois
Deux signaux se déclenchent tous les 7 et 11 jours. On cherche un jour \(x\) congru à 3 modulo 7 et à 5 modulo 11. Le but est de résoudre ce cas puis de démontrer une règle générale. Durée indicative : 75 à 100 minutes.
Partie I : Résoudre à la main
Écris \(x=3+7k\) et déduis une congruence pour k modulo 11.
Trouve k puis toutes les valeurs de x. Donne la première valeur positive.
Pourquoi deux solutions diffèrent-elles d'un multiple de 77 ?
Partie II : Construire une solution générale
Soient \(m,n\ge2\) premiers entre eux et \(mu+nv=1\).
Pour deux entiers a,b, vérifie que \(x_0=anv+bmu\) satisfait \(x_0\equiv a\pmod m\) et \(x_0\equiv b\pmod n\).
Montre que toutes les solutions sont \(x_0+mnk\), \(k\in\Z\).
Pourquoi y a-t-il un unique représentant dans \(\{0,\ldots,mn-1\}\) ?
Partie III : Lorsque les modules ne sont pas premiers entre eux
Montre que \(x\equiv1\pmod6\) et \(x\equiv2\pmod9\) sont incompatibles.
Résous en revanche \(x\equiv1\pmod6\) et \(x\equiv4\pmod9\).
Pour \(d=\gcd(m,n)\), démontre que \(a\equiv b\pmod d\) est une condition nécessaire à l'existence d'une solution.
Pistes
L'inverse de 7 modulo 11 est 8. Dans II, réduis séparément l'expression proposée modulo m et n. Dans III, commence par réduire les deux restes modulo 3.
Corrigés détaillés
Corrigé 1
Corrigé 2
Corrigé 3
Corrigé 4
Corrigé 5
Corrigé 6
Corrigé 7
Corrigé 8
Corrigé 9
Corrigé 10
Corrigé 11
Corrigé 12
Corrigé 13
Corrigé 14
Corrigé 15
Corrigé du problème
Partie I : Transformer le système en une congruence
1.\(x\equiv3\pmod7\) signifie \(x=3+7k\) pour un entier \(k\). Remplaçons dans la seconde condition : \(3+7k\equiv5\pmod{11}\). Soustraire 3 donne \(7k\equiv2\pmod{11}\).
3. Si \(x,x'\) satisfont les deux congruences, \(x-x'\) est divisible par 7 et par 11. Écrivons \(x-x'=7h\). Comme 11 divise \(7h\) et est premier avec 7, Gauss donne \(h=11s\). Donc \(x-x'=77s\). La période 77 vient de cette preuve, pas seulement des premiers jours essayés.
Partie II : Construire et prouver toutes les solutions
1. L'identité \(mu+nv=1\) donne, modulo \(m\), \(nv\equiv1\) et \(mu\equiv0\). Ainsi
Modulo \(n\), les rôles s'échangent : \(nv\equiv0\), \(mu\equiv1\), donc \(x_0\equiv a\times0+b\times1=b\). Le choix des deux termes construit une contribution utile dans un module et nulle dans l'autre.
2. Pour toute solution \(x\), les deux différences \(x-x_0\) sont divisibles par \(m\) et par \(n\). Comme ils sont premiers entre eux, leur produit divise la différence : \(x=x_0+mnk\). Réciproquement, ajouter un multiple de \(mn\) ajoute un multiple de chacun des modules ; toute valeur de cette forme conserve donc les deux congruences. Cela prouve l'exhaustivité et la validité de la famille.
3. La division euclidienne de \(x_0\) par \(mn\) donne \(x_0=mnq+r\) avec \(0\le r<mn\). Le reste \(r=x_0-mnq\) appartient à la famille et fournit un représentant dans l'intervalle. Si deux représentants y existaient, leur différence serait un multiple de \(mn\) strictement compris entre \(-mn\) et \(mn\), donc zéro. Le représentant est unique.
Partie III : Comprendre l'obstacle d'un diviseur commun
1. Si \(x=1+6k\), alors \(x\equiv1\pmod3\). Si \(x=2+9\ell\), alors \(x\equiv2\pmod3\). Un entier ne peut avoir deux restes différents dans la même division euclidienne : le premier système est impossible.
2. Pour le second, \(x=1+6k\) et \(x\equiv4\pmod9\) donnent \(6k\equiv3\pmod9\). Cela signifie \(6k-3=9\ell\). Diviser par 3 donne \(2k-1=3\ell\), soit \(2k\equiv1\pmod3\). L'inverse de 2 modulo 3 est 2, donc \(k\equiv2\pmod3\), soit \(k=2+3t\). Ainsi
Contrôle : \(x-1=6(2+3t)\) et \(x-4=9(1+2t)\), donc les deux conditions sont satisfaites. La période est 18, PPCM de 6 et 9.
3. En général, \(d=\gcd(m,n)\) divise \(m\) et \(n\). Si \(x-a=mk\) et \(x-b=n\ell\), les deux différences sont divisibles par \(d\). Leur soustraction donne \(b-a=mk-n\ell\), encore divisible par \(d\). Donc \(a\equiv b\pmod d\) est nécessaire. Cette dernière preuve montre qu'une solution impose cette condition ; elle ne prétend pas à elle seule construire une solution lorsque la condition est satisfaite.
Faire le point par une variante autonome
Essaie cette variante sans relire le corrigé précédent. Explique le choix de ta méthode, puis utilise les contrôles pour décider quelle notion retravailler.
Fiche-mémoire
Euclide : \(\gcd(a,b)=\gcd(b,r)\) ; le dernier reste non nul est le PGCD.
Bézout : \(au+bv=d\) ; une combinaison égale à 1 caractérise les entiers premiers entre eux.
Gauss : \(a\mid bc\) et \(\gcd(a,b)=1\) impliquent \(a\mid c\).
a est inversible modulo n exactement si \(\gcd(a,n)=1\).
\(ax+by=c\) est soluble exactement si \(d\mid c\) ; les solutions s'obtiennent par un paramètre entier.
Pour \(ax\equiv b\pmod n\), divise les trois termes par le PGCD lorsque celui-ci divise b.
Contrôle. Ai-je vérifié une identité de Bézout ? La coprimalité exigée par Gauss est-elle établie ? Mon paramètre est-il entier ? Ai-je imposé les éventuelles contraintes de positivité à la fin ?
Maîtrise du chapitre
Validation contrôlée
Réponds aux QCM, sélectionne les bonnes propositions ou remets les étapes dans l'ordre. Le site vérifie chaque réponse avant d'ouvrir la balise suivante.