Ce petit quiz t’aide à partir avec les bons outils. Une base mal comprise peut rendre la suite plus difficile, même si tu travailles sérieusement.
Ce n’est pas une note : en cas d’erreur, tu sauras précisément quoi revoir avant d’avancer.
Tu peux revoir les explications ci-dessus, puis ouvrir le chapitre à ton rythme.
Avant de commencer5 questions pour vérifier tes bases
Pourquoi ce chapitre ?
Le problème fondamental : une équation qui bloque
Dans les réels, \(x^2+1=0\) n'a pas de solution, car un carré est positif ou nul. Cela ne rend pas l'équation absurde : cela indique que les réels ne suffisent pas. Tu as déjà rencontré ce changement de cadre : \(x+3=1\) conduit aux nombres négatifs, puis \(3x=1\) aux fractions. Ici, nous allons agrandir l'ensemble de nombres en conservant des règles de calcul cohérentes.
Prérequis. Développer \((a+b)^2\), factoriser une différence de carrés, résoudre un système de deux équations et utiliser les coefficients binomiaux. Par exemple, \((x+2)^2=x^2+4x+4\) et \(u^2-v^2=(u-v)(u+v)\).
Statut des résultats. Les opérations, le binôme et les équations polynomiales à coefficients réels constituent le socle. La résolution du second degré à coefficients complexes et le problème sur les entiers de Gauss sont des prolongements expliqués.
L'idée avant la formule
Deux coordonnées dans un seul objet
Pense à \(a+ib\) comme à un couple de réels \((a,b)\). La première coordonnée est la partie réelle, la seconde la partie imaginaire. Ainsi \(3-2i\) contient les informations 3 et \(-2\). La partie imaginaire est le réel \(-2\), et non le terme \(-2i\). L'égalité de deux complexes exigera l'égalité des deux coordonnées : une seule équation complexe peut donc fournir deux équations réelles.
Pourquoi la règle de multiplication est naturelle
Additionner les couples coordonnée par coordonnée est immédiat. Pour multiplier, garde la distributivité, puis remplace \(i^2\) par \(-1\). Par exemple
La règle nouvelle intervient à un endroit précis ; les autres étapes sont celles du calcul littéral que tu connais.
Le conjugué prépare la division
Le produit \((a+ib)(a-ib)=a^2+b^2\) est réel. Les termes imaginaires se compensent. Cette observation expliquera la division, sans inventer un « dénominateur imaginaire interdit » : multiplier numérateur et dénominateur par le même complexe non nul conserve simplement le quotient.
Le cours formel
Construire et reconnaître un nombre complexe
L'unicité donne \(a+ib=c+id\) si et seulement si \(a=c\) et \(b=d\). En particulier, \(a+ib=0\) impose deux conditions. Le nombre \(0\) est à la fois réel et imaginaire pur.
Addition, produit et puissances
Les premières puissances se calculent une par une : \(i^0=1\), \(i^1=i\), \(i^2=-1\) par définition ; puis
Une équation avec un dénominateur impose d'abord un domaine. Par exemple \(\frac{z+1}{z-1}=i\) nécessite \(z\ne1\). Après produit en croix, \((1-i)z=-1-i\) donne \(z=-i\), qui appartient au domaine.
Équations du second degré et factorisation
Cette borne ne concerne pas le polynôme nul. Elle ne dit pas, à elle seule, qu'un polynôme possède exactement \(n\) racines distinctes : \((z-1)^3\) n'en a qu'une.
Méthodes de contrôle et prolongement
Pourquoi une racine non réelle vient avec son conjugué. Écrivons \(P(z)=\sum_{k=0}^n c_kz^k\) avec tous les \(c_k\) réels. La conjugaison conserve les sommes et les produits, et \(\overline{c_k}=c_k\). Donc
Lorsque \(r\) n'est pas réel, \(r\) et \(\overline r\) sont distincts.
D'où viennent les contrôles de Viète. Supposons \(P(z)=a(z-r_1)\cdots(z-r_n)\), avec \(a\ne0\). Pour obtenir un terme en \(z^{n-1}\) en développant, on choisit \(z\) dans \(n-1\) facteurs et la constante \(-r_k\) dans le dernier. Il y a un tel terme pour chaque \(k\), donc le coefficient est \(-a(r_1+\cdots+r_n)\). Le comparer au coefficient \(c_{n-1}\) donne \(\sum r_k=-c_{n-1}/a\).
Pour le terme constant, on doit choisir \(-r_k\) dans chaque facteur. Le produit vaut \(a(-1)^nr_1\cdots r_n=c_0\), donc \(\prod r_k=(-1)^nc_0/a\). Les racines sont comptées avec leurs répétitions. Ces identités vérifient une factorisation ; elles ne prouvent pas à elles seules que tous les nombres proposés sont des racines.
Par exemple, les racines carrées de \(3+4i\) sont \(2+i\) et \(-2-i\). Tu peux vérifier directement leurs carrés. Pour une équation du second degré à coefficients complexes, compléter le carré fonctionne encore ; en revanche le « signe du discriminant » n'a plus de sens.
Boîte à outils : choisir puis justifier
Une équation linéaire qui mélange deux écritures
Une équation de degré quatre qui se ramène au degré deux
Le théorème de factorisation autorise donc un facteur \(z-(-1)=z+1\). Écrivons \(P(z)=(z+1)(Az^2+Bz+C)\). En distribuant, on obtient \(Az^3+Bz^2+Cz+Az^2+Bz+C\), soit \(Az^3+(A+B)z^2+(B+C)z+C\).
Dans \(z^3-3z^2+0z+4\), les coefficients imposent \(A=1\), \(A+B=-3\), \(B+C=0\), \(C=4\). Avec \(A=1\), la deuxième équation donne \(B=-4\) ; la troisième donne \(C=4\), conforme à la dernière. Donc
car \((z-2)^2=z^2-4z+4\). Un produit est nul lorsque l'un de ses facteurs est nul : les racines distinctes sont \(-1\) et 2. Le facteur \(z-2\) est présent deux fois, mais il donne deux fois le même nombre 2.
Le terme « racine double » signifie ici que le facteur \(z-2\) apparaît deux fois dans cette factorisation. Il ne désigne pas deux nombres distincts. Le contrôle de Viète donne \(-1+2+2=3\) lorsque l'on compte les répétitions, ce qui correspond à l'opposé du coefficient de \(z^2\).
Un fil de décision à retenir
Une somme ou une égalité avec le conjugué appelle souvent la forme algébrique. Un polynôme avec une racine connue appelle une factorisation. Une équation ne comportant que des puissances paires peut appeler un changement d'inconnue. Dans tous les cas, noter le domaine puis vérifier les solutions termine le raisonnement : une suite de calculs sans conclusion n'est pas encore une résolution.
Exercices progressifs
Les exercices 1 à 5 consolident les bases, 6 à 10 relient les notions et 11 à 15 demandent davantage d'initiative. Cherche d'abord, puis utilise un indice si tu en as besoin.
Exercice 1 : Lire une forme algébrique ★☆☆
Pour \(z=2-i(3+2i)\) et \(w=(1-i)^2\), détermine parties réelle et imaginaire, puis \(z+w\).
Exercice 2 : Cycle des puissances ★☆☆
Calcule \(i^{2026}\), \(i^{2027}\) et \(i^{-3}\).
Exercice 3 : Produits et carré ★☆☆
Calcule \((3+2i)(1-4i)\), \((2+i)^2\) et \((2+i)(2-i)\).
Exercice 4 : Diviser et vérifier ★☆☆
Mets \(\frac{2+3i}{1-i}\) sous forme algébrique et vérifie par multiplication.
Exercice 5 : Équation linéaire ★☆☆
Résous \((2-i)z=5\) puis discute \(az=0\) selon le complexe \(a\).
Exercice 6 : Une équation avec conjugué ★★☆
Résous \(3z-\overline z=4+8i\).
Exercice 7 : Ensemble de solutions ★★☆
Résous \(z+\overline z=4\), puis \(z-\overline z=4\).
Exercice 8 : Binôme et calcul astucieux ★★☆
Calcule \((1+i)^6\) par le binôme puis par une puissance intermédiaire.
Exercice 9 : Second degré réel ★★☆
Résous \(2z^2-4z+10=0\) et factorise le polynôme dans \(\C\).
Exercice 10 : Une racine connue ★★☆
Vérifie que \(2\) est racine de \(P(z)=z^3-2z^2+4z-8\), puis résous \(P(z)=0\).
Exercice 11 : Vrai ou faux : conjugaison ★★★
Justifie ou réfute : a) \(\overline{z^2}=(\overline z)^2\) ; b) \(z^2=\overline z^2\) implique \(z\) réel ; c) \(z\overline z=0\) implique \(z=0\).
Exercice 12 : Quotient et domaine ★★★
Résous \(\frac{z+2}{z-i}=2-i\).
Exercice 13 : Racines carrées, prolongement ★★★
Résous \(z^2=5+12i\) en posant \(z=x+iy\).
Exercice 14 : Coefficient à déterminer ★★★
Pour \(t\in\R\), soit \(P_t(z)=z^3+tz^2+z+t\). Factorise puis détermine pour quels \(t\) les racines sont toutes distinctes.
Exercice 15 : Équation mixte non linéaire ★★★
Résous \(z^2=\overline z\) dans \(\C\).
Problème : Pour aller plus loin
Ce prolongement est accessible à partir du cours : les résultats supplémentaires sont guidés, et leur mémorisation n'est pas un préalable. Tu peux répartir la recherche sur plusieurs séances.
Des complexes pour multiplier des sommes de deux carrés
On appelle entier de Gauss un complexe \(a+ib\) avec \(a,b\in\Z\). On définit \(N(a+ib)=a^2+b^2\). Le but est de démontrer une identité arithmétique et de comprendre un processus d'inversion. Durée indicative : 60 à 90 minutes.
Partie I : Un calcul qui conserve les entiers
Montre que la somme, le produit et le conjugué de deux entiers de Gauss sont encore des entiers de Gauss.
Montre que \(N(z)=z\overline z\) et \(N(zw)=N(z)N(w)\).
Utilise \((2+i)(3+2i)\) pour écrire \(65\) comme somme de deux carrés.
Recommence avec \((2+i)(3-2i)\). Pourquoi obtient-on une autre représentation ?
Explique pourquoi le produit d'un nombre fini de sommes de deux carrés est encore une somme de deux carrés.
Partie III : Quels éléments ont un inverse entier ?
Si \(zw=1\) avec \(z,w\) entiers de Gauss, démontre que \(N(z)=1\).
Résous \(a^2+b^2=1\) dans \(\Z^2\) et déduis tous les entiers de Gauss dont l'inverse est encore un entier de Gauss.
Explique pourquoi \(2+i\), pourtant non nul, ne possède pas d'inverse entier de Gauss. Calcule son inverse dans \(\C\).
Pistes pour avancer
Conjugue un produit dans I. Pour II, les deux produits ont la même norme mais pas les mêmes coordonnées. Dans III, un produit de deux entiers naturels vaut 1 seulement si chacun vaut 1.
Corrigés détaillés
Corrigé 1
Corrigé 2
Corrigé 3
Corrigé 4
Corrigé 5
Corrigé 6
Corrigé 7
Corrigé 8
Corrigé 9
Corrigé 10
Corrigé 11
Corrigé 12
Corrigé 13
Corrigé 14
Corrigé 15
Corrigé du problème
Partie I : Pourquoi les entiers restent entiers
1. Écrivons \(z=a+ib\) et \(w=c+id\) avec \(a,b,c,d\in\Z\). La somme a pour coordonnées \(a+c,b+d\) ; le produit a pour coordonnées \(ac-bd,ad+bc\) ; le conjugué de \(z\) a pour coordonnées \(a,-b\). Additionner, soustraire ou multiplier des entiers donne un entier. Chacune de ces expressions possède donc deux coordonnées entières : c'est exactement la définition d'un entier de Gauss.
\[\begin{aligned}N(zw)&=(zw)\overline{zw} &&\text{définition de }N,\\[.35em]&=zw\overline z\,\overline w &&\text{conjugaison du produit},\\[.35em]&=(z\overline z)(w\overline w) &&\text{commutativité et associativité},\\[.35em]&=N(z)N(w). &&\end{aligned}\]
Nous avons réordonné les quatre facteurs pour former deux produits déjà connus.
3. À gauche, \(N(zw)=(ac-bd)^2+(ad+bc)^2\) puisque les coordonnées du produit sont \(ac-bd,ad+bc\). À droite, \(N(z)N(w)=(a^2+b^2)(c^2+d^2)\). Leur égalité est donc l'identité demandée. Le calcul reste vrai avec des réels ; l'hypothèse « entiers » garantit ici que les deux nouveaux carrés sont des carrés d'entiers.
Changer le signe de la deuxième coordonnée conserve les carrés de la norme, mais modifie les deux coordonnées du produit : c'est pourquoi on peut obtenir une autre représentation.
3. Pour un seul facteur, la propriété est donnée. Supposons que le produit des \(m\) premiers facteurs s'écrive \(A^2+B^2\) avec \(A,B\) entiers. Si le suivant est \(c^2+d^2\), l'identité de la partie I transforme leur produit en \((Ac-Bd)^2+(Ad+Bc)^2\), encore deux carrés d'entiers. La propriété passe de \(m\) à \(m+1\), donc elle vaut pour tout nombre fini de facteurs par récurrence.
Chaque norme est un entier naturel, car somme de carrés d'entiers. Aucune ne vaut zéro, sinon le produit serait zéro. Si l'une était au moins 2, le produit avec l'autre, au moins 1, serait au moins 2. Elles valent donc toutes deux 1.
2. Résolvons \(a^2+b^2=1\). Chaque carré est au plus 1, donc \(a,b\in\{-1,0,1\}\). Si \(a=1\) ou \(-1\), son carré vaut 1 et \(b^2=0\), donc \(b=0\). Si \(a=0\), \(b^2=1\), donc \(b=\pm1\). Les seules possibilités sont \(z=1,-1,i,-i\). Vérifions la réciproque : \(1\times1=1\), \((-1)(-1)=1\), \(i(-i)=-i^2=1\) et \((-i)i=1\). Leurs inverses sont bien des entiers de Gauss. Nous avons prouvé la nécessité et la suffisance.
3.\(N(2+i)=5\ne1\), donc la condition nécessaire précédente interdit un inverse entier de Gauss. Dans \(\C\), en revanche, l'inverse existe :
Le produit par \(2+i\) vaut 1, mais \(2/5\) et \(-1/5\) ne sont pas des entiers. Le nombre est inversible dans \(\C\) et pas dans l'ensemble plus restreint des entiers de Gauss.
Faire le point par une variante autonome
Essaie cette variante sans relire le corrigé précédent. Explique le choix de ta méthode, puis utilise les contrôles pour décider quelle notion retravailler.
Fiche-mémoire
\[z=a+ib;\]
\[\operatorname{Im}(z)=b\in\R;\]
\[i^2=-1.\]
\[\overline z=a-ib;\]
\[z\overline z=a^2+b^2;\]
\[1/z=\overline z/(a^2+b^2)\]
pour \(z\ne0\).
La conjugaison respecte somme, produit, inverse et puissances entières.
\[(z+w)^n=\sum_{k=0}^n\binom nk z^{n-k}w^k.\]
Une équation avec le conjugué devient un système en \(x,y\) réels.
Pour un second degré réel de discriminant négatif, les deux racines sont \((-b\pm i\sqrt{-\Delta})/(2a)\).
Une racine \(a\) donne un facteur \(z-a\) ; un polynôme non nul de degré \(n\) a au plus \(n\) racines distinctes.
Avant de conclure. Ai-je précisé le domaine ? Séparé tous les cas ? Conservé le coefficient dominant ? Vérifié les solutions dans l'équation initiale ?
Maîtrise du chapitre
Validation contrôlée
Réponds aux QCM, sélectionne les bonnes propositions ou remets les étapes dans l'ordre. Le site vérifie chaque réponse avant d'ouvrir la balise suivante.