Ce petit quiz t’aide à partir avec les bons outils. Une base mal comprise peut rendre la suite plus difficile, même si tu travailles sérieusement.
Ce n’est pas une note : en cas d’erreur, tu sauras précisément quoi revoir avant d’avancer.
Tu peux revoir les explications ci-dessus, puis ouvrir le chapitre à ton rythme.
Avant de commencer5 questions pour vérifier tes bases
Pourquoi ce chapitre ?
Le problème fondamental : compter les parcours d'un réseau
Un plan de transport montre les liaisons disponibles. Tu voudrais compter les parcours qui relient deux stations en exactement cinq étapes, en autorisant les retours. Une énumération à la main devient vite longue. Les matrices vont organiser les possibilités d'une étape, puis composer ces choix.
Prérequis. Produit matriciel, puissances, inverse, suites géométriques et démonstration par récurrence. Les termes propres aux graphes sont définis avant utilisation.
Le socle comprend graphes, matrices, dénombrement de chemins et suites matricielles. Les parcours eulériens et le problème sur Fibonacci sont des prolongements guidés. Une réduction \(A=PDP^{-1}\) sera vérifiée directement, sans supposer un cours de diagonalisation.
L'idée avant la formule
Un sommet intermédiaire organise tous les cas
Pour aller de A à C en deux étapes, choisis d'abord le sommet intermédiaire B. Le nombre de possibilités via B est « nombre de liaisons de A à B » multiplié par « nombre de liaisons de B à C ». Additionne ensuite sur tous les intermédiaires. Tu reconnais le produit ligne-colonne.
Ce qu'on compte doit être annoncé
Deux étapes signifient deux arêtes parcourues, même si tu reviens à ton point de départ. Les puissances compteront ici des parcours avec répétitions possibles, pas nécessairement des chemins sans retour ni des trajets les plus courts. La convention sera précisée avant chaque utilisation.
Déplacer l'origine simplifie une évolution affine
Une suite réelle \(u_{n+1}=au_n+b\) se simplifie en soustrayant une valeur fixe. L'idée reste vraie pour une colonne : si \(L=AL+C\), alors \(U_{n+1}-L=A(U_n-L)\). La quantité mesurée par rapport à L suit une récurrence homogène. Le chapitre construira cette formule et les puissances dont elle dépend.
Le cours formel
Graphes : objets et vocabulaire
Le degré d'un sommet est le nombre d'arêtes qui lui sont incidentes. Le graphe complet \(K_n\) relie chaque paire de sommets distincts ; chaque degré vaut n-1, et son nombre d'arêtes vaut \(n(n-1)/2\).
Le graphe représenté a quatre sommets et cinq arêtes. Les degrés, dans l'ordre A,B,C,D, valent 2,3,2,3 ; leur somme 10 correspond bien à deux fois cinq arêtes.
Chaînes, connexité et orientation
Dans un graphe orienté, les liens sont des arcs portant un sens. Un chemin respecte ce sens. Un graphe peut aussi être pondéré : chaque lien porte un nombre (distance, coût ou probabilité selon le modèle).
Un parcours de longueur 0 reste sur son sommet initial. Dans un graphe simple, il n'y a pas de boucle ; une marche de longueur 2 peut pourtant revenir au départ en parcourant la même arête dans les deux sens.
Matrice d'adjacence
Pour un graphe avec plusieurs arcs entre une paire de sommets, le coefficient peut compter les arcs. Pour un graphe pondéré, remplacer 1 par un poids change le sens du calcul : une puissance additionne des produits de poids ; elle ne donne pas automatiquement un nombre de trajets.
Compter les chemins par des puissances
Pour un graphe non orienté à n sommets, il est connexe exactement lorsque chaque paire distincte est reliée par une marche d'au plus n-1 étapes. On peut en effet retirer les boucles d'une marche jusqu'à obtenir un parcours sans sommet répété. Ainsi les coefficients hors diagonale de \(I+M+\cdots+M^{n-1}\) permettent de vérifier la connexité.
Calculer des puissances sans multiplier n fois
Matrices diagonales et nilpotentes
Pour \(D=\operatorname{diag}(a,b,c)\), \(D^n=\operatorname{diag}(a^n,b^n,c^n)\). Les coefficients hors diagonale restent nuls.
Une factorisation vérifiée
Si tu as vérifié \(A=PDP^{-1}\), alors \(A^n=PD^nP^{-1}\) pour tout n naturel. Les facteurs \(P^{-1}P\) s'annulent entre deux copies successives ; au rang 0, \(PI P^{-1}=I\).
Suites de colonnes : cas homogène et affine
Parcours eulériens : un prolongement
Un parcours eulérien utilise chaque arête exactement une fois. Les sommets peuvent être visités plusieurs fois. Si le parcours est fermé, on parle de circuit eulérien. Dans un graphe non orienté connexe, un circuit eulérien existe si et seulement si tous les degrés sont pairs. Un parcours eulérien ouvert existe si et seulement si exactement deux degrés sont impairs : ce sont ses extrémités.
Ce problème diffère du comptage par \(M^n\) : la contrainte de ne pas réutiliser une arête n'est pas encodée dans la seule puissance d'adjacence.
Boîte à outils : relier réseau et évolution
Retrouver une matrice de transition de comptage
Une récurrence affine couplée complète
Soit \(U_{n+1}=AU_n+C\) avec \(A=\begin{pmatrix}1/2&1/4\\0&1/2\end{pmatrix}\), \(C=(1,1)^T\). Le point fixe satisfait \(L_2=L_2/2+1\), donc \(L_2=2\), puis \(L_1=L_1/2+L_2/4+1\), donc \(L_1=3\).
Écris \(A=(1/2)(I+N)\) avec \(N=\begin{pmatrix}0&1/2\\0&0\end{pmatrix}\) et \(N^{2}\)=0. Alors \(A^n=2^{-n}\begin{pmatrix}1&n/2\\0&1\end{pmatrix}\). Pour \(U_0=(0,0)^T\), on obtient
Détaillons le produit : \(U_0-L=(-3,-2)^T\) et \(A^n(U_0-L)=2^{-n}(-3-n,-2)^T\). Ajouter \((3,2)^T\) donne bien les deux coordonnées affichées. Au rang 0, elles valent \(3-3=0\) et \(2-2=0\), comme la donnée initiale.
Pour la limite, il reste à justifier \(n2^{-n}\to0\), pas seulement \(2^{-n}\to0\). Posons \(v_n=n/2^n\) pour \(n\ge2\). Ce nombre est positif, et \(v_{n+1}/v_n=(n+1)/(2n)=1/2+1/(2n)\le3/4\). Donc \(v_{n+1}\le(3/4)v_n\). En répétant de \(2\) à \(n\), \(0\le v_n\le v_2(3/4)^{n-2}\). La borne supérieure est une suite géométrique de raison entre 0 et 1, donc tend vers zéro ; le théorème des gendarmes donne \(v_n\to0\). Alors
Les deux coordonnées convergent ainsi vers 3 et 2.
Sommer des puissances avec le bon ordre
Posons \(S=I+A+\cdots+A^{n-1}\) pour \(n\ge1\). Le produit \(AS=A+A^2+\cdots+A^n\) décale chaque exposant. Dans \(S-AS\), les termes \(A\) à \(A^{n-1}\) se compensent, laissant \(I-A^n\). Ainsi \((I-A)S=I-A^n\). Si \(I-A\) est inversible, multiplier à gauche par son inverse donne \(S=(I-A)^{-1}(I-A^n)\). Puis \(SC=\sum_{k=0}^{n-1}A^kC\) représente les apports successifs de la récurrence affine. Cette preuve explique le sens de la multiplication et les deux termes qui restent après compensation.
Lorsque I-A n'est pas inversible, l'identité de compensation demeure vraie, mais on ne peut pas la résoudre en multipliant par un inverse inexistant. La somme finie reste alors une expression valide et souvent utile.
Exercices progressifs
Les exercices 1 à 5 consolident les bases, 6 à 10 relient les notions et 11 à 15 demandent davantage d'initiative. Cherche d'abord, puis utilise un indice si tu en as besoin.
Exercice 1 : Ordre et degrés ★☆☆
Un graphe possède les sommets A,B,C,D et les arêtes AB,AC,BC,CD. Donne son ordre, les degrés et vérifie leur somme.
Exercice 2 : Graphe complet ★☆☆
Combien d’arêtes possède \(K_6\) ? Quel est le degré de chaque sommet ?
Exercice 3 : Matrice d’un triangle ★☆☆
Écris la matrice d’adjacence du triangle A,B,C dans cet ordre.
Exercice 4 : Chemins de longueur deux ★☆☆
Calcule \(M^2\) pour le triangle de l’exercice 3. Combien de marches de longueur deux vont de A à B ?
Exercice 5 : Connexité ★☆☆
Le graphe d’arêtes AB et CD sur quatre sommets est-il connexe ? Peut-il exister une marche de A à D ?
Exercice 6 : Graphe orienté ★★☆
Les arcs sont A vers B, B vers C et C vers A. Écris M puis \(M^3\).
Exercice 7 : Puissance diagonale ★★☆
Pour \(D=\begin{pmatrix}2&0&0\\0&-1&0\\0&0&1/2\end{pmatrix}\), donne \(D^n\) et le comportement des trois coordonnées de \(D^n(1,1,1)^T\).
Exercice 8 : Une matrice triangulaire ★★☆
Pour \(A=\begin{pmatrix}1&3\\0&1\end{pmatrix}\), conjecture puis démontre \(A^n\).
Exercice 9 : Puissance d’ordre trois ★★☆
Pour \(A=\begin{pmatrix}1&1&0\\0&1&1\\0&0&1\end{pmatrix}\), calcule \(A^5\).
Exercice 10 : Suite couplée ★★☆
Soit \(x_{n+1}=2x_n+y_n\), \(y_{n+1}=x_n+2y_n\) avec \(x_0=2,y_0=0\). Donne \(x_{n}\) et \(y_{n}\).
Exercice 11 : Récurrence affine ★★★
Soit \(U_{n+1}=\begin{pmatrix}1/2&0\\0&1/3\end{pmatrix}U_n+\begin{pmatrix}1\\2\end{pmatrix}\), \(U_0=(0,0)^T\). Calcule \(U_{n}\) et sa limite.
Exercice 12 : Sans point fixe ★★★
Soit \(U_{n+1}=U_n+C\) avec \(C\ne0\). Exprime \(U_{n}\) et explique pourquoi la méthode du point fixe échoue.
Exercice 13 : Compter les retours ★★★
Pour le triangle de l’exercice 3, calcule le nombre de marches de longueur trois de A à A, puis de A à B.
Exercice 14 : Parcours eulérien, prolongement ★★★
Le graphe de l’exercice 1 possède-t-il un parcours utilisant chaque arête une fois ? Donne-en un.
Exercice 15 : Une formule de puissances ★★★
Soit \(A=\begin{pmatrix}2&1\\1&2\end{pmatrix}\). Démontre sans calculer P que \(A^n=\frac12\begin{pmatrix}3^n+1&3^n-1\\3^n-1&3^n+1\end{pmatrix}\).
Problème : Pour aller plus loin
Ce prolongement est accessible à partir du cours : les résultats supplémentaires sont guidés, et leur mémorisation n'est pas un préalable. Tu peux répartir la recherche sur plusieurs séances.
Fibonacci, pavages et matrice de transition
On définit \(F_0=0\), \(F_1=1\) et \(F_{n+2}=F_{n+1}+F_n\). Le but est de relier cette suite au nombre de pavages d'une bande et de démontrer une identité de produits. Durée indicative : 90 minutes.
Partie I : Une récurrence à deux coordonnées
Pose \(U_n=(F_{n+1},F_n)^T\). Montre \(U_{n+1}=AU_n\) avec \(A=\begin{pmatrix}1&1\\1&0\end{pmatrix}\).
Calcule \(A^2,A^3\) et les six premiers termes de la suite.
Démontre pour \(n\ge1\) : \(A^n=\begin{pmatrix}F_{n+1}&F_n\\F_n&F_{n-1}\end{pmatrix}\).
Partie II : Une formule d'addition
Utilise \(A^{m+n}=A^mA^n\) pour démontrer, pour \(m,n\ge1\), \(F_{m+n}=F_{m+1}F_n+F_mF_{n-1}\).
Déduis une expression de \(F_{2n}\) puis calcule \(F_{10}\) à partir de \(F_4,F_5,F_6\).
Partie III : Un invariant alterné et des pavages
Pose \(D_n=F_{n+1}F_{n-1}-F_n^2\). Montre \(D_{n+1}=-D_n\) puis déduis \(D_n=(-1)^n\) pour \(n\ge1\).
On pave une bande de n cases avec des tuiles de longueur 1 ou 2. Si \(T_{n}\) est le nombre de pavages et \(T_0=1\), justifie \(T_1=1\) et \(T_n=T_{n-1}+T_{n-2}\) pour \(n\ge2\).
Déduis \(T_n=F_{n+1}\) et calcule le nombre de pavages d'une bande de 9 cases.
Pistes
Multiplie les matrices dans I. Dans II, lis un seul coefficient du produit. Dans III, remplace \(F_{n+1}\) par \(F_n+F_{n-1}\) et classe les pavages selon la longueur de leur première tuile.
Corrigés détaillés
Corrigé 1
Corrigé 2
Corrigé 3
Corrigé 4
Corrigé 5
Corrigé 6
Corrigé 7
Corrigé 8
Corrigé 9
Corrigé 10
Corrigé 11
Corrigé 12
Corrigé 13
Corrigé 14
Corrigé 15
Corrigé du problème
Partie I : Mettre deux rangs dans une colonne
1. La colonne \(U_n\) contient \(F_{n+1}\) en haut et \(F_n\) en bas. Le produit par \(A\) donne \((F_{n+1}+F_n,F_{n+1})^T\). La relation de Fibonacci identifie le premier terme à \(F_{n+2}\) ; le produit est donc \((F_{n+2},F_{n+1})^T=U_{n+1}\). La deuxième ligne copie l'ancien premier terme pour conserver les deux rangs consécutifs.
2. Le carré de \(A\) a pour cases \(1+1=2\), \(1+0=1\), \(1+0=1\), \(1+0=1\), donc \(A^2=\begin{pmatrix}2&1\\1&1\end{pmatrix}\). Multiplier encore par \(A\) donne \(A^3=\begin{pmatrix}3&2\\2&1\end{pmatrix}\). Les six premiers termes sont \(F_0=0\), \(F_1=1\),
Les deux sommes sont \(F_{n+2}\) et \(F_{n+1}\). C'est la formule au rang \(n+1\), donc elle est vraie pour tous les rangs \(n\ge1\) par récurrence. Le départ à 1 évite d'utiliser un terme \(F_{-1}\) non défini.
Partie II : Lire un coefficient utile
1. Dans \(A^{m+n}\), la case \((1,2)\) est \(F_{m+n}\). Dans \(A^mA^n\), elle est le produit de la ligne \((F_{m+1},F_m)\) par la colonne \((F_n,F_{n-1})^T\), donc \(F_{m+1}F_n+F_mF_{n-1}\). Les matrices sont égales parce que les puissances d'une même matrice vérifient \(A^{m+n}=A^mA^n\). Leurs cases correspondantes sont donc égales, ce qui démontre l'identité demandée.
Chaque pas change le signe : par récurrence, \(D_n=(-1)^n\).
2. La bande vide possède un pavage vide, donc \(T_0=1\). Une bande d'une case accepte uniquement une tuile de longueur 1, donc \(T_1=1\). Pour \(n\ge2\), séparons les pavages selon leur première tuile. Si elle a longueur 1, il reste une bande de \(n-1\) cases, pavable de \(T_{n-1}\) façons. Si elle a longueur 2, il reste \(n-2\) cases, pavables de \(T_{n-2}\) façons. Retirer puis remettre la première tuile établit une correspondance exacte dans chaque cas. Les deux cas sont distincts et couvrent toutes les possibilités, donc \(T_n=T_{n-1}+T_{n-2}\).
Essaie cette variante sans relire le corrigé précédent. Explique le choix de ta méthode, puis utilise les contrôles pour décider quelle notion retravailler.
Fiche-mémoire
Ordre : nombre de sommets ; degré : nombre d'arêtes incidentes ; longueur : nombre de transitions.
Fixe l'ordre des sommets avant de construire une matrice d'adjacence.
\((M^n)_{ij}\) compte les marches de longueur n, avec répétitions autorisées.
\(U_{n+1}=AU_n\) donne \(U_n=A^nU_0\).
Si \(U_{n+1}=AU_n+C\) et \(L=AL+C\), alors \(U_n=L+A^n(U_0-L)\).
Si \(A=PDP^{-1}\), alors \(A^n=PD^nP^{-1}\) ; les facteurs doivent être vérifiés.
Contrôle. Ai-je confondu un nombre de parcours avec une distance ? Les répétitions sont-elles autorisées ? Ai-je vérifié le premier rang ? Une convergence est-elle effectivement prouvée, au-delà de l'existence d'un point fixe ?
Maîtrise du chapitre
Validation contrôlée
Réponds aux QCM, sélectionne les bonnes propositions ou remets les étapes dans l'ordre. Le site vérifie chaque réponse avant d'ouvrir la balise suivante.