Ce petit quiz t’aide à partir avec les bons outils. Une base mal comprise peut rendre la suite plus difficile, même si tu travailles sérieusement.
Ce n’est pas une note : en cas d’erreur, tu sauras précisément quoi revoir avant d’avancer.
Tu peux revoir les explications ci-dessus, puis ouvrir le chapitre à ton rythme.
Avant de commencer5 questions pour vérifier tes bases
Pourquoi étudier le schéma de Bernoulli et la loi binomiale ?
De quoi parle-t-on ?
Dans la vie courante et les sciences, on rencontre constamment des situations où une expérience aléatoire n'a que deux issues : succès ou échec, pile ou face, malade ou sain, conforme ou défectueux, vrai ou faux. Si la probabilité de succès reste la même et si on répète cette expérience un nombre \(n\) fixé de fois de manière indépendante, on obtient un schéma de Bernoulli. La question est alors : quelle est la probabilité d'obtenir exactement \(k\) succès sur \(n\) essais ? La réponse est donnée par la loi binomiale.
Dans les exemples qui suivent, les nombres sont des données de modèles fictifs. Une loi binomiale suppose des essais indépendants avec une même probabilité de succès ; ces hypothèses doivent être données ou justifiées par le protocole.
Qualité : sous ce modèle, le nombre de pièces défectueuses parmi \(20\), avec \(p=0{,}05\), suit \(\mathcal B(20;0{,}05)\). Dans un prélèvement sans remise, cette loi n'est généralement qu'une approximation, à discuter selon le contexte.
Sondage : si \(1000\) réponses sont modélisées par des Bernoulli indépendantes de paramètre \(0{,}3\), le nombre de oui suit \(\mathcal B(1000;0{,}3)\). Interroger beaucoup de personnes ne suffit pas à assurer la représentativité.
Fiabilité : le nombre de pannes parmi \(100\) composants de probabilité de panne \(0{,}01\) suit \(\mathcal B(100;0{,}01)\) si les pannes sont indépendantes. Une alimentation électrique commune peut rendre ce modèle inadapté.
Espérance, variance, écart-type de \(\mathcal{B}(n,p)\)
Approfondissement : formule du binôme de Newton
Représentation graphique : diagramme en bâtons
Compter les succès : voir une loi binomiale
On répète n épreuves indépendantes ayant chacune une probabilité p de succès. Pour n = 10 et p = 0,5, prévois le nombre moyen de succès et les résultats les plus probables. Compare « exactement k » et « au plus k ».
La hauteur du bâton en j vaut P(X = j). Les bâtons bleus correspondent à X ≤ k ; les autres sont gris. La droite corail indique l’espérance np, qui peut ne pas être entière. L’axe des probabilités reste de 0 à 1.
Pour n = 10 et p = 0,5 : E(X) = 5, P(X = 5) = 252/1024 ≈ 24,61 %, et P(X ≤ 5) = 638/1024 ≈ 62,30 %. La seconde probabilité additionne les masses de 0 à 5.
Lire les valeurs et les coordonnées
Pour n = 10 et p = 0,5 : E(X) = 5, P(X = 5) = 252/1024 ≈ 24,61 %, et P(X ≤ 5) = 638/1024 ≈ 62,30 %. La seconde probabilité additionne les masses de 0 à 5.
Teste p = 0, puis p = 1 : quel nombre de succès devient certain ? Avec n = 20 et p = 0,3, repère le bâton le plus haut. Explique pourquoi une espérance de 6 ne garantit pas 6 succès à chaque expérience.
Calcul de probabilités cumulées
Formules avec la calculatrice
La loi binomiale comme somme de variables de Bernoulli
Probabilités conditionnelles et indépendance : rappels
Succession d'épreuves indépendantes : le cadre général
Approfondissement : mode de la loi binomiale
Inégalité de concentration (au programme, reprise dans la fiche suivante)
Simulation Python
Boîte à outils : Réflexes pour le bac
Exercices
Exercice 1 ★☆☆ : Reconnaître un schéma de Bernoulli
Dans cet exercice, les lancers sont supposés indépendants, les tirages avec remise uniformes et indépendants. Pour chaque situation, dire si c'est un schéma de Bernoulli. Si oui, préciser \(n\) et \(p\).
On lance \(10\) fois un dé équilibré. Succès = « obtenir un 6 ».
On tire \(5\) cartes sans remise dans un jeu de \(52\). Succès = « tirer un as ».
On lance \(20\) fois une pièce truquée (\(P(\text{Pile})=0{,}6\)). Succès = « Pile ».
On interroge \(100\) personnes, chacune ayant une probabilité \(0{,}3\) de répondre oui (indépendamment). Succès = « oui ».
Un joueur lance un dé jusqu'à obtenir un 6. Succès = « obtenir un 6 ».
On tire \(8\) boules avec remise dans une urne contenant \(3\) rouges et \(7\) bleues.
Exercice 2 ★☆☆ : Coefficients binomiaux
Calculer :
\(\binom{5}{2}\)
\(\binom{8}{3}\)
\(\binom{10}{0}\)
\(\binom{7}{7}\)
\(\binom{6}{4}\)
\(\binom{12}{2}\)
\(\binom{100}{1}\)
\(\binom{20}{18}\)
Exercice 3 ★☆☆ : Calculs de probabilités binomiales
\(X\sim\mathcal{B}(8\,;\,0{,}3)\). Calculer :
\(P(X=0)\)
\(P(X=2)\)
\(P(X=8)\)
\(P(X\leqslant 1)\)
\(P(X\geqslant 1)\)
\(P(2\leqslant X\leqslant 5)\)
Exercice 4 ★☆☆ : Espérance et variance
Pour chaque loi, calculer \(E(X)\), \(V(X)\) et \(\sigma(X)\) :
\(X\sim\mathcal{B}(20\,;\,0{,}5)\)
\(X\sim\mathcal{B}(100\,;\,0{,}1)\)
\(X\sim\mathcal{B}(50\,;\,0{,}04)\)
\(X\sim\mathcal{B}(36\,;\,\frac{1}{6})\)
Exercice 5 ★★☆ : Contrôle qualité
Une usine fabrique des composants dont \(3\%\) sont défectueux. On prélève \(20\) composants au hasard (on suppose le lot assez grand pour modéliser par un tirage avec remise).
Justifier que \(X\), le nombre de défectueux, suit \(\mathcal{B}(20\,;\,0{,}03)\).
Calculer \(P(X=0)\) : probabilité qu'aucun ne soit défectueux.
Calculer \(P(X\leqslant 1)\).
Calculer \(P(X\geqslant 2)\).
Le lot est refusé si \(X\geqslant 3\). Quelle est la probabilité de refus ?
Exercice 6 ★★☆ : Au moins un succès
On lance dix dés équilibrés indépendants. Quelle est la probabilité d'obtenir au moins un 6 ?
On répète indépendamment \(n\) fois une épreuve de Bernoulli de paramètre \(p=0{,}1\). Déterminer le plus petit \(n\) tel que \(P(X\geqslant 1)\geqslant 0{,}95\).
Pour \(0<p<1\) et \(0<\alpha<1\), généraliser : montrer que le plus petit \(n\) tel que \(P(X\geqslant 1)\geqslant\alpha\) est \(n=\left\lceil\frac{\ln(1-\alpha)}{\ln(1-p)}\right\rceil\).
Exercice 7 ★★☆ : Triangle de Pascal et binôme
Construire les lignes \(n=0\) à \(n=7\) du triangle de Pascal.
Vérifier que la somme de chaque ligne est \(2^n\).
Développer \((1+x)^5\) avec la formule du binôme.
Développer \((2a-b)^4\).
Exercice 8 ★★☆ : Loi de probabilité complète
Soit \(X\sim\mathcal{B}(4\,;\,0{,}5)\).
Dresser le tableau complet de la loi de \(X\).
Vérifier que \(\sum_{k=0}^4 P(X=k)=1\).
Retrouver \(E(X)\) par le calcul direct \(\sum k\,P(X=k)\).
Retrouver \(V(X)\) par la formule de König-Huygens.
Tracer le diagramme en bâtons.
Exercice 9 ★★☆ : Arbre et probabilités conditionnelles
Dans un modèle fictif, un test de dépistage a les caractéristiques suivantes : sensibilité \(P(\text{T}+|\text{M})=0{,}99\) et spécificité \(P(\text{T}-|\overline{\text{M}})=0{,}95\). La maladie touche \(2\%\) de la population.
On teste 500 personnes, en supposant leurs résultats indépendants et de même loi. Le nombre de tests positifs suit-il une loi binomiale ? Si oui, laquelle ?
Calculer l'espérance et l'écart-type du nombre de tests positifs.
Exercice 10 ★★☆ : Génétique
Dans un modèle fictif de génétique, chaque garçon présente un caractère avec probabilité \(0{,}08\), indépendamment des autres. On appellera ce caractère daltonisme pour l'exercice. Sur un groupe de 30 garçons :
Modéliser le nombre de daltoniens \(X\).
Calculer \(E(X)\) et \(\sigma(X)\).
Calculer \(P(X=0)\) (aucun daltonien).
Calculer \(P(X\geqslant 5)\) (au moins \(5\) daltoniens).
Déterminer la valeur la plus probable de \(X\) (le mode).
Exercice 11 ★★☆ : Démonstrations de cours
Démontrer que \(E(X)=np\) et \(V(X)=npq\) pour \(X\sim\mathcal{B}(n,p)\) (décomposition en Bernoulli).
Démontrer la formule du binôme de Newton par récurrence.
Démontrer que \(\displaystyle\sum_{k=0}^n(-1)^k\binom{n}{k}=0\) pour \(n\geqslant 1\).
Exercice 12 ★★☆ : Jeu de hasard
Un joueur lance indépendamment cinq pièces équilibrées. Il gagne \(10\)€ par Pile obtenu et perd \(15\)€ par Face.
Exprimer le gain \(G\) en fonction de \(X=\) nombre de Piles.
Déterminer la loi de \(X\).
Calculer \(E(G)\). Le jeu est-il favorable au joueur ?
Calculer \(\sigma(G)\).
Exercice 13 ★★★ : Étude de la fonction \(k\mapsto P(X=k)\)
On suppose \(n\geqslant1\) et \(0<p<1\). On pose \(f(k)=P(X=k)\) pour \(X\sim\mathcal B(n,p)\). Le quotient demandé concerne \(0\leqslant k<n\).
Calculer le quotient \(\frac{f(k+1)}{f(k)}\) en fonction de \(n\), \(k\) et \(p\).
En déduire que \(f\) est croissante tant que \(k<(n+1)p-1\) et décroissante après.
Déterminer le mode (valeur la plus probable) pour \(\mathcal{B}(20\,;\,0{,}3)\).
Déterminer le mode pour \(\mathcal{B}(10\,;\,0{,}5)\).
Exercice 14 ★★★ : Seuil et risque
Un fabriquant affirme que \(95\%\) de ses pièces sont conformes. Un client prélève 50 pièces ; on modélise les défauts par des Bernoulli indépendantes de même paramètre.
Modéliser \(X\), le nombre de pièces défectueuses, si l'affirmation est vraie.
Calculer \(E(X)\) et \(\sigma(X)\).
Le client décide de refuser le lot si \(X\geqslant 5\). Calculer la probabilité de refus (risque du fournisseur).
En réalité, le taux de défauts est de \(10\%\). Calculer la probabilité d'accepter le lot à tort (risque du client).
(Bonus) Déterminer le plus petit seuil \(s\) (nombre maximal de défauts tolérés) tel que le risque fournisseur soit inférieur à \(5\%\).
Problème : Marche aléatoire et loi binomiale ★★★
On note \(S_n\) la position de la particule après \(n\) étapes, avec \(S_0=0\).
Partie A : Lien avec la loi binomiale
On note \(X_i\) le déplacement à l'étape \(i\) (\(+1\) ou \(-1\)). Montrer que \(S_n=X_1+X_2+\cdots+X_n\).
On pose \(Y_i=\frac{X_i+1}{2}\). Montrer que \(Y_i\sim\mathcal{B}(p)\).
En notant \(Y=Y_1+\cdots+Y_n\) le nombre de pas vers la droite, montrer que \(Y\sim\mathcal{B}(n,p)\) et que \(S_n=2Y-n\).
En déduire \(E(S_n)\) et \(V(S_n)\).
Déterminer les valeurs possibles de \(S_n\). Montrer que \(S_n\) a la même parité que \(n\).
Calculer \(E(S_n)\) et \(\sigma(S_n)\) pour \(n=100\) et \(p=0{,}5\). Interpréter.
Partie B : Cas symétrique \(p=\frac{1}{2}\)
Montrer que \(E(S_n)=0\) et \(\sigma(S_n)=\sqrt{n}\). Interpréter : où se trouve typiquement la particule après \(n\) pas ?
Calculer \(P(S_n=0)\) pour \(n\) pair. Exprimer cette probabilité avec un coefficient binomial.
Application : calculer \(P(S_4=0)\), \(P(S_{10}=0)\) et \(P(S_{100}=0)\). Commenter l'évolution.
Montrer que \(P(S_{2n}=0)=\binom{2n}{n}\frac{1}{4^n}\) et utiliser la formule de Stirling \(n!\sim\sqrt{2\pi n}\bigl(\frac{n}{\e}\bigr)^n\) pour montrer que \(P(S_{2n}=0)\sim\frac{1}{\sqrt{\pi n}}\) quand \(n\to+\infty\).
Partie C : Retour à l'origine
On note \(R_n\) l'événement « la particule est revenue à l'origine au moins une fois avant ou à l'étape \(n\) ». Montrer que
(Bonus) On admet que la probabilité de ne jamais revenir à l'origine (en \(p=\frac{1}{2}\)) est \(0\). Autrement dit, la marche aléatoire symétrique revient à l'origine avec probabilité \(1\) : c'est le théorème de récurrence de Pólya. Interpréter ce résultat : est-il étonnant ? Combien de temps faut-il attendre en moyenne ?
Corrigés détaillés
Exercice 1
a) Oui : chaque lancer a 2 issues (6 ou non-6), même \(p=\frac{1}{6}\), lancers indépendants. \(n=10\), \(p=\frac{1}{6}\).
b) Non : tirage sans remise \(\Rightarrow\) les épreuves ne sont pas indépendantes (la composition du jeu change).
c) Oui : 2 issues (P/F), même \(p=0{,}6\), lancers indépendants. \(n=20\), \(p=0{,}6\).
Le logarithme est croissant, puis la division par \(\ln(0{,}9)<0\) renverse l'inégalité. Le plus petit entier est \(\boxed{29}\). Vérification : \(1-0{,}9^{28}\approx0{,}9477\) et \(1-0{,}9^{29}\approx0{,}9529\).
c) Pour \(0<p<1\) et \(0<\alpha<1\), les logarithmes existent et \(\ln(1-p)<0\) :
e) Diagramme en bâtons symétrique centré sur \(k=2\) (les hauteurs sont \(1,4,6,4,1\) divisées par 16).
Exercice 9
a) Arbre : première branche M (\(0{,}02\)) / \(\overline{\text{M}}\) (\(0{,}98\)). Depuis M : T\(+\) (\(0{,}99\)) / T\(-\) (\(0{,}01\)). Depuis \(\overline{\text{M}}\) : T\(+\) (\(0{,}05\)) / T\(-\) (\(0{,}95\)).
Même avec un bon test, seulement \(29\%\) des positifs sont malades (car la maladie est rare : paradoxe du test).
d) Oui : chaque personne est testée indépendamment, T\(+\) avec probabilité \(P(\text{T}+)=0{,}0688\). Le nombre de T\(+\) suit \(\mathcal{B}(500\,;\,0{,}0688)\).
d)\(P(X\geqslant 5)=1-P(X\leqslant 4)\). Calculons avec la calculatrice : \(P(X\leqslant4)\approx0{,}912638\). Donc \(P(X\geqslant5)\approx0{,}087362\), soit environ \(8{,}74\%\).
e) Le mode est la valeur \(k\) qui maximise \(P(X=k)\). Par la formule du quotient (exercice 13), \(\frac{f(k+1)}{f(k)}=\frac{(n-k)p}{(k+1)(1-p)}\). Croissant si \(k<(n+1)p-1=(31)(0{,}08)-1=1{,}48\). Donc \(f\) croît pour \(k\leqslant 1\) et décroît à partir de \(k=2\). Mode = \(\boxed{2}\).
Exercice 11
a)\(X=X_1+\cdots+X_n\) avec \(X_i\sim\mathcal{B}(p)\) indépendantes. \(E(X_i)=p\), \(V(X_i)=pq\).
L'inégalité stricte donne \(f(k+1)>f(k)\) ; l'égalité donne deux valeurs consécutives de même hauteur. Quand le quotient devient inférieur à 1, les probabilités décroissent.
c) On trouve \((n+1)p-1=5{,}3\). Le quotient \(f(k+1)/f(k)\) est supérieur à 1 pour les entiers \(k\leqslant5\) : en particulier, \(f(6)>f(5)\). Il est inférieur à 1 pour \(k\geqslant6\) : \(f(7)<f(6)\). La valeur maximale est donc atteinte en \(\boxed{6}\). Vérification : \(f(6)/f(5)=\frac{15\times0{,}3}{6\times0{,}7}>1\).
e) (Bonus) On cherche \(s\) tel que \(P(X\geqslant s+1)\leqslant 0{,}05\) avec \(X\sim\mathcal{B}(50\,;\,0{,}05)\).
\(P(X\leqslant s)\geqslant 0{,}95\). Par la calculatrice : \(P(X\leqslant 4)\approx 0{,}896<0{,}95\), \(P(X\leqslant 5)\approx 0{,}962>0{,}95\). \(\boxed{s=5}\) : on accepte le lot si au plus \(5\) défauts.
Corrigé du problème : Marche aléatoire
Partie A : Lien avec la loi binomiale
1.\(S_n=\sum_{i=1}^n X_i\) par définition (la position est la somme des déplacements successifs, partant de \(S_0=0\)).
2.\(X_i\in\{-1,+1\}\), donc \(Y_i=\frac{X_i+1}{2}\in\{0,1\}\).
5.\(Y\in\{0,1,\ldots,n\}\), donc \(S_n=2Y-n\in\{-n,-n+2,\ldots,n-2,n\}\). Les valeurs diffèrent de \(2\) en \(2\). Si \(n\) est pair, \(S_n\) est pair. Si \(n\) est impair, \(S_n\) est impair. Donc \(S_n\equiv n\pmod{2}\).
Interprétation : en moyenne, la particule est en \(0\) après \(100\) pas, mais elle peut s'en écarter de \(\pm 10\) typiquement. Le calcul binomial donne
L'espérance nulle signifie que la marche est non biaisée : elle ne dérive ni à droite ni à gauche. L'écart-type \(\sqrt{n}\) montre que la particule s'écarte typiquement de \(\sqrt{n}\) de l'origine après \(n\) pas. Par exemple : après \(n=100\) pas, \(\sigma=10\), position typique dans \([-20,20]\). Après \(n=10\,000\) pas : \(\sigma=100\). L'écart croît en \(\sqrt{n}\), pas en \(n\) : c'est le phénomène de diffusion.
8.\(S_n=0\iff 2Y-n=0\iff Y=\frac{n}{2}\). Ceci n'est possible que si \(n\) est pair. Si \(n\) est impair, \(P(S_n=0)=0\).
Cette probabilité tend vers \(0\) : il est de plus en plus rare d'être à l'origine après beaucoup d'étapes, mais elle décroît lentement (en \(\frac{1}{\sqrt{n}}\)).
Partie C : Retour à l'origine
11.\(R_2\) : la particule revient en \(0\) en \(2\) étapes. \(S_2=0\iff Y=1\), i.e. un pas \(+1\) puis un pas \(-1\) ou inversement.
Vérification pour \(p=\frac{1}{2}\) : \(2\times\frac{1}{2}\times\frac{1}{2}=\frac{1}{2}\). Cohérent avec \(P(S_2=0)=\frac{1}{2}\).
12. (Bonus) Le théorème de récurrence de Pólya (1921) affirme que la marche aléatoire symétrique sur \(\Z\) (dimension \(1\)) est récurrente : la particule revient à l'origine avec probabilité \(1\).
Ce résultat est ici admis. La probabilité d'être à l'origine à un instant fixé peut tendre vers zéro, alors que la probabilité d'y revenir à un instant quelconque vaut 1 : les événements ne sont pas les mêmes.
On admet aussi que le temps moyen du premier retour est infini. Un retour de probabilité 1 n'impose donc aucun délai déterministe, et ne signifie pas que chaque trajectoire imaginable revient. La divergence d'une somme de probabilités de présence ne constitue pas, à elle seule, une preuve de retours presque sûrs : il faut un raisonnement supplémentaire propre à la marche.
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