Dénombrement

Compter méthodiquement avec les principes additif et multiplicatif, les permutations et les combinaisons.

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Un mot d’encouragement, si tu en as besoin

Tu peux avancer à ton rythme. Une difficulté ne définit pas ce dont tu es capable.

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Avant de commencer5 questions pour vérifier tes bases
1. Un sac contient 5 jetons indiscernables au toucher, dont 3 rouges. On en tire un au hasard, chaque jeton ayant la même chance. Quelle est la probabilité de rouge ?
2. Deux événements incompatibles A et B ont des probabilités 0,2 et 0,5. Que vaut P(A ∪ B) ?
3. Pour x réel, que vaut x² × x³ ?
4. On associe une couleur parmi 3 et une taille parmi 2. Combien de couples (couleur, taille) sont possibles ?
5. Que vaut 1/2 + 1/3 ?

Ton parcours dans ce chapitre

Compter commence par décrire ce qui change entre deux résultats. Tu peux lister un petit cas, dessiner, prendre un indice et recommencer : ces étapes sont du raisonnement mathématique.

Pour repartir des bases. \(\{a,b\}\) désigne un ensemble : l'ordre ne compte pas. \((a,b)\) désigne un couple : sa première et sa deuxième position jouent des rôles distincts. \(3^2\) signifie \(3\times3\) ; \(3!\) signifie \(3\times2\times1\). Ces notations seront construites dans le cours.

Les pauses proposent deux indices et une explication consultables librement. Après une réponse aidée, la variante permet d'essayer à nouveau. Les exercices 1, 2, 4, 6, 7 et 8 prolongent les étapes centrales.

Socle et prolongements. Le dénombrement, les combinaisons et les preuves de Pascal et de la somme des coefficients relèvent du programme de Terminale applicable en 2026–2027. Le binôme de Newton, les coefficients multinomiaux, Vandermonde et les partitions sont des prolongements guidés ; leur mémorisation n'est pas un préalable au cours.

Pourquoi étudier le dénombrement ?

Le problème fondamental

Imagine la situation suivante : tu dois créer un mot de passe de 4 caractères parmi les 26 lettres de l'alphabet. Combien de mots de passe différents peux-tu créer ? La réponse n'est pas évidente, et pourtant c'est une question très concrète. Si on t'autorise à répéter les lettres, ce n'est pas le même problème que si on l'interdit. Et si l'ordre n'a pas d'importance (par exemple, quand on choisit un comité de 4 personnes parmi 26), c'est encore un autre problème.

Dénombrer, c'est compter le nombre d'éléments d'un ensemble fini, sans avoir à les lister un par un. C'est un problème fondamental en mathématiques, et il apparaît dans énormément de domaines. Voyons lesquels :

Schéma : Le problème fondamental

En probabilités : quand on veut calculer la probabilité d'un événement \(A\) dans une situation d'équiprobabilité, on utilise la formule \(P(A) = \frac{\text{nombre de cas favorables}}{\text{nombre de cas possibles}}\). Pour appliquer cette formule, il faut savoir compter les cas favorables et les cas possibles. Le dénombrement est donc utile dans ce modèle d'équiprobabilité.

En informatique : combien de mots de passe de 8 caractères peut-on former ? Si un pirate teste tous les mots de passe possibles (attaque par force brute), combien de temps cela prendrait-il ? La réponse dépend directement du nombre de mots de passe possibles, donc du dénombrement.

En biologie : une séquence d'ADN est formée de 4 bases (A, T, G, C). Combien de séquences différentes de longueur \(n\) peut-on former ? Pour \(n = 20\), la réponse est \(4^{20} \approx 10^{12}\), soit plus de mille milliards de possibilités. Ce calcul donne le nombre de suites de bases possibles dans ce modèle ; il ne décrit pas, à lui seul, la diversité génétique réelle.

En physique : on peut compter les différentes répartitions de particules entre des cases dans un modèle discret. C'est une autre application du même raisonnement.

L'idée directrice

Pour choisir une méthode, commence par décrire ce que tu comptes. Deux questions reviennent souvent :

Schéma : L'idée directrice

Les réponses orientent vers les outils du tableau. Elles ne suffisent pas toujours : certaines contraintes demandent aussi de distinguer plusieurs cas ou de compter par le complémentaire. Voici le tableau récapitulatif : utilise-le comme un repère, puis justifie le choix de chaque formule avec la situation.

Schéma : L'idée directrice

Ne t'inquiète pas si tu ne comprends pas encore toutes les formules. On va les construire une par une, en partant à chaque fois de l'intuition. Les exemples et les exercices t'aideront à justifier le choix d'une méthode.

L'idée avant la formule

Avant de plonger dans les définitions formelles, construisons l'intuition avec des exemples très concrets. L'objectif de cette section est que tu comprennes le raisonnement derrière chaque formule, avant même de la voir.

Le principe fondamental : le principe multiplicatif

Le principe multiplicatif permet de compter des résultats construits par choix successifs. Pour l'appliquer, il faut préciser le nombre de possibilités à chaque étape.

Plus généralement, supposons que chaque résultat corresponde à une succession de \(k\) choix. À l'étape \(i\), il y a \(n_i\) possibilités, quel que soit le chemin suivi auparavant. Le nombre total de résultats est alors \(n_1\times n_2\times\cdots\times n_k\).

Avec ou sans répétition : la grande distinction

Maintenant, voyons comment les deux questions (ordre ? répétition ?) donnent des situations très différentes, à travers trois exemples.

Le cours formel

On formalise maintenant rigoureusement tout ce qu'on a vu intuitivement. Chaque notion est définie, démontrée, et illustrée.

Cardinal d'un ensemble fini

Opérations ensemblistes et dénombrement

Quand on dénombre, on travaille souvent avec des réunions, intersections, et complémentaires d'ensembles. Voici les règles de calcul associées.

Produit cartésien

\(p\)-listes (ou \(p\)-uplets)

Permutations et factorielle

Arrangements (sans répétition)

Combinaisons

Une combinaison sert lorsque seul le groupe choisi compte. Nous allons comprendre pourquoi effacer l'ordre conduit à diviser.

Propriétés fondamentales des combinaisons

Cette formule permet de construire le célèbre triangle de Pascal ligne par ligne, chaque nombre étant la somme des deux nombres au-dessus de lui :

Schéma : Propriétés fondamentales des combinaisons
Schéma : Propriétés fondamentales des combinaisons

Lire le schéma : la place des chiffres suit l'ordre A, B, C. Par exemple 010 signifie « B seul ». Chaque partie apparaît dans exactement une colonne.

Construire une ligne de Pascal avec un algorithme

Une liste Python conserve un ordre : l'élément de position \(p\) représente \(\binom np\). On commence par la ligne 0 : [1]. Pour fabriquer la suivante, on place 1 aux deux extrémités et on additionne les voisins de l'ancienne ligne.

def ligne_pascal(n):
    ligne = [1]
    for rang in range(n):
        suivante = [1]
        for p in range(1, len(ligne)):
            suivante.append(ligne[p-1] + ligne[p])
        suivante.append(1)
        ligne = suivante
    return ligne

L'entrée est un entier \(n\geqslant0\). On utilise une nouvelle liste pour que tous les calculs lisent l'ancienne ligne, avant son remplacement. Ainsi ligne_pascal(4) renvoie [1, 4, 6, 4, 1].

Pour aller plus loin : binôme de Newton

La boîte à outils : Réflexes pour le bac

Cette section rassemble des repères. Devant un exercice, explique d'abord ce que tu comptes ; le tableau t'aide ensuite à choisir une méthode.

Fiche mémoire : compter en expliquant

Repère de fin de fiche