Nombres complexes : module et trigonométrie

Relier module, argument et exponentielle, démontrer les formules puis transformer les expressions trigonométriques.

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Avant de commencer5 questions pour vérifier tes bases
1. Dans les complexes, i² vaut…
2. La partie imaginaire de 2 − 3i vaut…
3. Le conjugué de 1 + 2i est…
4. Sur le cercle trigonométrique, cos(π/3) vaut…
5. Quelle est la longueur du vecteur de coordonnées (3, 4) ?

Pourquoi ce chapitre ?

Le problème fondamental : calculer sans tout développer

Tu peux développer \((1+i)^{20}\), mais cette méthode cache sa structure. Le carré \(2i\) suggère déjà un raccourci. Nous allons construire un langage où une multiplication devient deux opérations simples : multiplier des longueurs et additionner des angles. Il servira aussi à expliquer les identités trigonométriques.

Prérequis. Le calcul complexe de la fiche 1, le cercle trigonométrique, les angles en radians, les valeurs de \(\cos\) et \(\sin\) pour \(0,\pi/6,\pi/4,\pi/3,\pi/2\), et le produit scalaire de deux vecteurs du plan.

L'inégalité triangulaire et les sommes trigonométriques finales sont des prolongements guidés. Les formules d'Euler, de Moivre, d'addition et de duplication font partie du cours.

L'idée avant la formule

La distance ne contient pas toute l'information

Les points d'affixes \(1+i\) et \(-1-i\) sont à la même distance de l'origine. Pour les distinguer, il faut préciser une direction. Le théorème de Pythagore donne la distance \(\sqrt2\) ; le cercle trigonométrique donne des angles respectifs \(\pi/4\) et \(-3\pi/4\).

Pourquoi plusieurs angles peuvent convenir

Faire un tour complet ne change pas le point. Les angles \(\pi/4\) et \(\pi/4+2\pi\) décrivent donc la même direction. Nous dirons « un argument », puis préciserons un intervalle si une réponse unique est demandée. L'origine n'a pas de direction : son module existe, son argument n'existe pas.

Multiplier par i fournit un premier indice

Le calcul \(i(a+ib)=-b+ia\) transforme \((a,b)\) en \((-b,a)\) : c'est un quart de tour direct. Multiplier par 2 double toutes les distances à l'origine. Le produit \(2i\) réalise ces deux effets. La forme exponentielle généralisera cette observation à n'importe quel angle et n'importe quel facteur positif.

Le cours formel

Le module : une distance, pas un signe

Schéma : Le module : une distance, pas un signe

La figure illustre un point du premier quadrant ; les définitions restent valables dans les autres quadrants. Le module ne fournit pas le quadrant : \(3+4i\) et \(-3-4i\) ont tous deux pour module 5.

Arguments et forme trigonométrique

Démontrer les formules d'addition

Exponentielle imaginaire et choix d'une forme

Cette notation est définie ici à partir du cercle ; elle n'exige pas un cours sur une fonction exponentielle de variable complexe. Le module et l'argument jouent des rôles différents : \(r\) est unique, \(\theta\) l'est seulement modulo \(2\pi\).

L'ensemble \(\U=\{z\in\C:|z|=1\}\) est stable par produit et inverse : le résultat reste dans cet ensemble. Ses éléments sont exactement les \(\e^{i\theta}\).

Moivre, Euler et linéarisation

Inégalité triangulaire : un prolongement démontré

Ne remplace jamais en général \(|z+w|\) par \(|z|+|w|\) : avec \(z=1,w=-1\), le premier vaut 0 et le second 2.

Boîte à outils : passer d'une forme à l'autre

Quotient exact et angle remarquable

Argument d'une somme : distinguer les signes

Factorisons \(\e^{ix/2}\) :

\[\begin{aligned}1+\e^{ix} &= \e^{ix/2}(\e^{-ix/2}+\e^{ix/2})\\[.35em] &= 2\cos(x/2)\e^{ix/2},\end{aligned}\]

par Euler. Pour lire une forme exponentielle, le facteur devant l'exponentielle doit être positif. Si \(-\pi<x<\pi\), alors \(-\pi/2<x/2<\pi/2\) et \(\cos(x/2)>0\) : le module est \(2\cos(x/2)\) et \(x/2\) est un argument.

Si \(\pi<x<3\pi\), alors \(\pi/2<x/2<3\pi/2\) et le cosinus est négatif. Posons \(R=-2\cos(x/2)>0\). La somme vaut

\[\begin{aligned}-R\e^{ix/2} &= R\e^{i\pi}\e^{ix/2}\\[.35em] &= R\e^{i(x/2+\pi)};\end{aligned}\]

il faut donc ajouter \(\pi\) à l'argument. Aux bornes où \(\cos(x/2)=0\), la somme est nulle et aucun argument n'est défini.

Par exemple, pour \(x=4\pi/3\), l'expression donne un facteur \(2\cos(2\pi/3)=-1\). La somme vaut \(-\e^{2i\pi/3}=\e^{-i\pi/3}\) ; son module est 1 et un argument \(-\pi/3\). Lire directement \(2\pi/3\) aurait placé le point dans la direction opposée.

Linéariser un produit de carrés

Faire le point par une variante autonome

Essaie cette variante sans relire le corrigé précédent. Explique le choix de ta méthode, puis utilise les contrôles pour décider quelle notion retravailler.

Fiche-mémoire

  • \[|a+ib|=\sqrt{a^2+b^2};\]
    \[|zw|=|z||w|;\]
    \[|z/w|=|z|/|w|\]

    si \(w\ne0\).

  • \(z\ne0\) :

    \[\begin{aligned}z &= r(\cos\theta+i\sin\theta)\\[.35em] &= r\e^{i\theta}\end{aligned}\]

    avec \(r>0\).

  • Arguments modulo \(2\pi\) ; zéro n'a pas d'argument.

  • \(\e^{ia}\e^{ib}=\e^{i(a+b)}\) ; Moivre multiplie l'argument par l'exposant.

  • Euler : \(2\cos x=\e^{ix}+\e^{-ix}\), \(2i\sin x=\e^{ix}-\e^{-ix}\).

  • Pour additionner, préfère la forme algébrique ; pour multiplier, diviser ou élever à une puissance, pense à la forme exponentielle.

Autocontrôle. Le module est-il positif ? Ai-je vérifié les deux coordonnées du cercle ? Mes égalités d'angles sont-elles prises modulo \(2\pi\) ? Ai-je traité les dénominateurs nuls avant de simplifier ?