Ce petit quiz t’aide à partir avec les bons outils. Une base mal comprise peut rendre la suite plus difficile, même si tu travailles sérieusement.
Ce n’est pas une note : en cas d’erreur, tu sauras précisément quoi revoir avant d’avancer.
Tu peux revoir les explications ci-dessus, puis ouvrir le chapitre à ton rythme.
Avant de commencer5 questions pour vérifier tes bases
Pourquoi ce chapitre ?
Le problème fondamental : calculer sans tout développer
Tu peux développer \((1+i)^{20}\), mais cette méthode cache sa structure. Le carré \(2i\) suggère déjà un raccourci. Nous allons construire un langage où une multiplication devient deux opérations simples : multiplier des longueurs et additionner des angles. Il servira aussi à expliquer les identités trigonométriques.
Prérequis. Le calcul complexe de la fiche 1, le cercle trigonométrique, les angles en radians, les valeurs de \(\cos\) et \(\sin\) pour \(0,\pi/6,\pi/4,\pi/3,\pi/2\), et le produit scalaire de deux vecteurs du plan.
L'inégalité triangulaire et les sommes trigonométriques finales sont des prolongements guidés. Les formules d'Euler, de Moivre, d'addition et de duplication font partie du cours.
L'idée avant la formule
La distance ne contient pas toute l'information
Les points d'affixes \(1+i\) et \(-1-i\) sont à la même distance de l'origine. Pour les distinguer, il faut préciser une direction. Le théorème de Pythagore donne la distance \(\sqrt2\) ; le cercle trigonométrique donne des angles respectifs \(\pi/4\) et \(-3\pi/4\).
Pourquoi plusieurs angles peuvent convenir
Faire un tour complet ne change pas le point. Les angles \(\pi/4\) et \(\pi/4+2\pi\) décrivent donc la même direction. Nous dirons « un argument », puis préciserons un intervalle si une réponse unique est demandée. L'origine n'a pas de direction : son module existe, son argument n'existe pas.
Multiplier par i fournit un premier indice
Le calcul \(i(a+ib)=-b+ia\) transforme \((a,b)\) en \((-b,a)\) : c'est un quart de tour direct. Multiplier par 2 double toutes les distances à l'origine. Le produit \(2i\) réalise ces deux effets. La forme exponentielle généralisera cette observation à n'importe quel angle et n'importe quel facteur positif.
La figure illustre un point du premier quadrant ; les définitions restent valables dans les autres quadrants. Le module ne fournit pas le quadrant : \(3+4i\) et \(-3-4i\) ont tous deux pour module 5.
Arguments et forme trigonométrique
Démontrer les formules d'addition
Exponentielle imaginaire et choix d'une forme
Cette notation est définie ici à partir du cercle ; elle n'exige pas un cours sur une fonction exponentielle de variable complexe. Le module et l'argument jouent des rôles différents : \(r\) est unique, \(\theta\) l'est seulement modulo \(2\pi\).
L'ensemble \(\U=\{z\in\C:|z|=1\}\) est stable par produit et inverse : le résultat reste dans cet ensemble. Ses éléments sont exactement les \(\e^{i\theta}\).
Moivre, Euler et linéarisation
Inégalité triangulaire : un prolongement démontré
Ne remplace jamais en général \(|z+w|\) par \(|z|+|w|\) : avec \(z=1,w=-1\), le premier vaut 0 et le second 2.
par Euler. Pour lire une forme exponentielle, le facteur devant l'exponentielle doit être positif. Si \(-\pi<x<\pi\), alors \(-\pi/2<x/2<\pi/2\) et \(\cos(x/2)>0\) : le module est \(2\cos(x/2)\) et \(x/2\) est un argument.
Si \(\pi<x<3\pi\), alors \(\pi/2<x/2<3\pi/2\) et le cosinus est négatif. Posons \(R=-2\cos(x/2)>0\). La somme vaut
il faut donc ajouter \(\pi\) à l'argument. Aux bornes où \(\cos(x/2)=0\), la somme est nulle et aucun argument n'est défini.
Par exemple, pour \(x=4\pi/3\), l'expression donne un facteur \(2\cos(2\pi/3)=-1\). La somme vaut \(-\e^{2i\pi/3}=\e^{-i\pi/3}\) ; son module est 1 et un argument \(-\pi/3\). Lire directement \(2\pi/3\) aurait placé le point dans la direction opposée.
Linéariser un produit de carrés
Exercices progressifs
Les exercices 1 à 5 consolident les bases, 6 à 10 relient les notions et 11 à 15 demandent davantage d'initiative. Cherche d'abord, puis utilise un indice si tu en as besoin.
Exercice 1 : Modules élémentaires ★☆☆
Calcule les modules de \(3-4i\), \(-7\), \(2i\) et \(0\).
Exercice 2 : Arguments sur les axes ★☆☆
Donne tous les arguments de \(-3\), de \(4i\) et de \(-2i\). Que se passe-t-il pour zéro ?
Exercice 3 : Trois formes ★☆☆
Donne les formes trigonométrique et exponentielle de \(1+i\) et \(-\sqrt3-i\).
Exercice 4 : Retour aux coordonnées ★☆☆
Mets \(4\e^{2i\pi/3}\) et \(2\e^{-i\pi/4}\) sous forme algébrique.
Exercice 5 : Multiplier sans développer ★☆☆
Pour \(z=2\e^{i\pi/6}\) et \(w=3\e^{i\pi/3}\), calcule \(zw\) et \(z/w\).
Exercice 6 : Puissance élevée ★★☆
Calcule \((1-i)^{12}\) et \((1-i)^{-4}\).
Exercice 7 : Addition d’angles ★★☆
Calcule exactement \(\sin(\pi/12)\) et \(\cos(5\pi/12)\).
Exercice 8 : Choisir un argument ★★☆
Un élève affirme que \(-1+i\) a pour argument \(-\pi/4\) car sa tangente vaut \(-1\). Corrige son raisonnement.
Exercice 9 : Angle triple ★★☆
Démontre avec Moivre que \(\sin3x=3\sin x-4\sin^3x\).
Exercice 10 : Linéariser et intégrer ★★☆
Linéarise \(\sin^2x\), puis calcule \(\int_0^{\pi/2}\sin^2x\,dx\).
Exercice 11 : Une puissance quatrième ★★★
Démontre \(\sin^4x=(3-4\cos2x+\cos4x)/8\).
Exercice 12 : Une somme de deux exponentielles ★★★
Pour \(\theta\in]-\pi,\pi[\), factorise \(1+\e^{i\theta}\) puis donne son module et un argument.
Exercice 13 : Cercle unité et réel ★★★
Soit \(|z|=1\). Montre que \(1/z=\overline z\) et que \(z+1/z\in[-2,2]\).
Exercice 14 : Inégalité et égalité ★★★
Pour \(z=1+i\) et \(w=t(1+i)\), \(t\in\R\), détermine quand \(|z+w|=|z|+|w|\).
Exercice 15 : Reconstruction trigonométrique ★★★
Soit \(z\in\U\) et \(t=z+z^{-1}\). Exprime \(z^2+z^{-2}\) et \(z^3+z^{-3}\) en fonction de \(t\). Retrouve cos(3x).
Problème : Pour aller plus loin
Ce prolongement est accessible à partir du cours : les résultats supplémentaires sont guidés, et leur mémorisation n'est pas un préalable. Tu peux répartir la recherche sur plusieurs séances.
Additionner des oscillations
Pour \(n\ge1\), on pose \(S_n(x)=\sum_{k=0}^{n-1}\e^{ikx}\). Le but est d'obtenir des sommes de cosinus et de sinus sans les additionner un par un. Durée indicative : 60 à 90 minutes.
Partie I : Une somme géométrique
Montre que \((1-\e^{ix})S_n(x)=1-\e^{inx}\).
Pour quels réels \(x\) le dénominateur \(1-\e^{ix}\) s'annule-t-il ? Calcule alors directement \(S_n(x)\).
Donne une expression quotient lorsque \(x\notin2\pi\Z\).
Partie II : Faire apparaître les angles moyens
Démontre \(1-\e^{it}=-2i\e^{it/2}\sin(t/2)\).
Déduis \(S_n(x)=\e^{i(n-1)x/2}\frac{\sin(nx/2)}{\sin(x/2)}\) pour \(x\notin2\pi\Z\).
En prenant les parties réelle et imaginaire, trouve deux formules de sommes trigonométriques. Pourquoi le quotient réel n'est-il pas toujours le module de \(S_n(x)\) ?
Partie III : Annulation et contrôle
Calcule \(S_5(2\pi/5)\) et déduis la somme des cinq cosinus correspondants.
Démontre \(|S_n(x)|\le n\) et précise les \(x\) donnant l'égalité lorsque \(n\ge2\).
Vérifie les formules pour \(n=2\) et \(x=\pi/3\) par addition directe.
Pistes
Dans I, écris les deux sommes décalées. Dans II, factorise par \(\e^{it/2}\). Dans III, l'égalité triangulaire nécessite des termes de même direction.
Corrigés détaillés
Corrigé 1
Corrigé 2
Corrigé 3
Corrigé 4
Corrigé 5
Corrigé 6
Corrigé 7
Corrigé 8
Corrigé 9
Corrigé 10
Corrigé 11
Corrigé 12
Corrigé 13
Corrigé 14
Corrigé 15
Corrigé du problème
Partie I : Faire apparaître une compensation
1. Posons \(q=\e^{ix}\). La somme est \(S_n=1+q+\cdots+q^{n-1}\). En la multipliant par \(q\), chaque exposant augmente de 1 : \(qS_n=q+q^2+\cdots+q^n\). Soustraire terme à terme laisse seulement le premier terme de la première somme et l'opposé du dernier de la seconde : \((1-q)S_n=1-q^n\). Comme \(q^n=\e^{inx}\), c'est l'identité demandée.
2.\(1-\e^{ix}=0\) équivaut à \(\e^{ix}=1\), donc simultanément \(\cos x=1\) et \(\sin x=0\). Sur le cercle, cela correspond aux tours complets : \(x=2k\pi\), \(k\in\Z\). Pour ces angles, chaque terme \(\e^{ijx}=1\) et les \(n\) termes totalisent \(n\). La formule quotient ne serait pas utilisable : elle diviserait par zéro.
3. Si \(x\notin2\pi\Z\), le facteur \(1-\e^{ix}\) est non nul. On peut diviser l'identité de la question 1 par lui, donnant \(S_n=(1-\e^{inx})/(1-\e^{ix})\).
Partie II : Extraire un facteur angulaire
1. Factoriser par \(\e^{it/2}\) oblige à écrire \(1=\e^{it/2}\e^{-it/2}\) et \(\e^{it}=\e^{it/2}\e^{it/2}\). D'où \(1-\e^{it}=\e^{it/2}(\e^{-it/2}-\e^{it/2})\). Euler donne \(\e^{it/2}-\e^{-it/2}=2i\sin(t/2)\) ; notre parenthèse est son opposé. Elle vaut \(-2i\sin(t/2)\), ce qui prouve l'identité.
2. Appliquons-la avec \(t=nx\) au numérateur et \(t=x\) au dénominateur :
Le facteur \(-2i\) s'annule ; les exponentielles se divisent en soustrayant leurs angles. Le dénominateur sinus est non nul, car \(\sin(x/2)=0\) équivaudrait à \(x\in2\pi\Z\), exclu. On obtient donc l'angle \((n-1)x/2\) annoncé.
3. Notons \(R=\sin(nx/2)/\sin(x/2)\), un réel, et \(\theta=(n-1)x/2\). Alors \(S_n=R\cos\theta+iR\sin\theta\). D'autre part, additionner ses termes sous forme algébrique donne \(S_n=\sum\cos(kx)+i\sum\sin(kx)\). L'identification fournit
Le module vaut \(|R|\), car \(|\e^{i\theta}|=1\). Si \(R<0\), \(R\) ne peut pas être un module ; il faut écrire \(R\e^{i\theta}=|R|\e^{i(\theta+\pi)}\). Si \(R=0\), la somme est nulle et n'a pas d'argument.
Partie III : Annulation, borne et vérification
1. Pour \(n=5,x=2\pi/5\), le numérateur est \(1-\e^{2i\pi}=0\). Le dénominateur n'est pas nul puisque \(2\pi/5\) n'est pas un tour entier. Donc \(S_5=0\). La partie réelle est la somme des cinq cosinus, elle vaut donc 0 ; la somme des sinus est également nulle.
2. Chacun des \(n\) termes a pour module 1. Appliquer l'inégalité triangulaire, d'abord aux deux premiers termes puis en ajoutant successivement les autres, donne \(|S_n|\le1+\cdots+1=n\).
Pour préciser l'égalité sans supposer les directions, développons \(S_n\overline{S_n}\). Les \(n\) termes où les indices sont égaux valent 1. Pour deux indices \(j<k\), les deux termes conjugués s'additionnent en \(2\cos((k-j)x)\). Donc
\[\begin{aligned}|S_n|^2 &= n +2\sum_{0\le j<k<n}\cos((k-j)x)\\&\le n +2\frac{n(n-1)}2\\&= n^2.\end{aligned}\]
Chaque cosinus est au plus 1. Pour que la somme atteigne son maximum, tous doivent valoir 1 : si l'un était plus petit, aucun autre ne pourrait compenser en dépassant 1. Pour \(n\ge2\), la paire \((0,1)\) impose en particulier \(\cos x=1\), donc \(x\in2\pi\Z\). Réciproquement, pour un tel \(x\), \(S_n=n\), donc l'égalité a bien lieu.
On retrouve exactement les deux coordonnées calculées directement.
Faire le point par une variante autonome
Essaie cette variante sans relire le corrigé précédent. Explique le choix de ta méthode, puis utilise les contrôles pour décider quelle notion retravailler.
Pour additionner, préfère la forme algébrique ; pour multiplier, diviser ou élever à une puissance, pense à la forme exponentielle.
Autocontrôle. Le module est-il positif ? Ai-je vérifié les deux coordonnées du cercle ? Mes égalités d'angles sont-elles prises modulo \(2\pi\) ? Ai-je traité les dénominateurs nuls avant de simplifier ?
Maîtrise du chapitre
Validation contrôlée
Réponds aux QCM, sélectionne les bonnes propositions ou remets les étapes dans l'ordre. Le site vérifie chaque réponse avant d'ouvrir la balise suivante.