Ce petit quiz t’aide à partir avec les bons outils. Une base mal comprise peut rendre la suite plus difficile, même si tu travailles sérieusement.
Ce n’est pas une note : en cas d’erreur, tu sauras précisément quoi revoir avant d’avancer.
Tu peux revoir les explications ci-dessus, puis ouvrir le chapitre à ton rythme.
Avant de commencer5 questions pour vérifier tes bases
Pourquoi étudier les primitives et l'intégration ?
Le problème fondamental : inverser la dérivation
On sait dériver : passer de \(f\) à \(f'\). Mais comment faire le chemin inverse ? Connaissant la vitesse \(v(t)\), comment retrouver la position \(x(t)\) ? Connaissant le débit d'eau d'un robinet \(q(t)\) (en litres/seconde), comment calculer le volume total écoulé entre \(t=0\) et \(t=T\) ?
Chercher une fonction dont la dérivée est connue, c'est chercher une primitive. L'intégrale permet ensuite de calculer des aires, des volumes, des moyennes ou des quantités accumulées.
m. Ici \(v\geqslant0\), donc déplacement et distance coïncident. Une primitive donne la position à une constante initiale près. Si la vitesse est signée et change de signe, la distance est l'intégrale de \(|v|\).
En probabilités : la probabilité qu'une variable aléatoire continue \(X\) de densité \(f\) tombe entre \(a\) et \(b\) est \(P(a\leqslant X\leqslant b)=\int_a^b f(x)\,\mathrm{d}x\). La loi normale, la loi exponentielle, la loi uniforme utilisent toutes des intégrales.
En économie : le surplus du consommateur, la valeur actuelle nette d'un investissement, le coefficient de Gini pour mesurer les inégalités s'expriment comme des intégrales.
En physique : le long d'un axe, si \(F(x)\) désigne la composante signée de la force sur cet axe, son travail est \(W=\int_a^b F(x)\,\mathrm{d}x\). L'énergie potentielle gravitationnelle, la pression hydrostatique, le moment d'inertie sont tous des intégrales.
Faire varier le niveau de la courbe. Dans la manipulation \(f(x)=x^2-c\) sur \([0,2]\), compare \(c=0\), \(c=1\) et \(c=4\). Prévois les signes avant de regarder les résultats. Les rectangles utilisent ici leur milieu ; leur somme est une approximation, les nombres annoncés comme exacts viennent d'une primitive. Distinguer une intégrale et une aire
Pour f(x) = x² − 1 sur [0 ; 2], prévois où les rectangles apportent une contribution positive ou négative. Augmente leur nombre, puis compare leur somme à l’intégrale.
Chaque rectangle a une largeur 2/n et la hauteur de la courbe au milieu de son intervalle. Bleu : contribution positive ; corail sous l’axe : contribution négative. La fenêtre reste fixe.
Pour x² − 1, l’aire sous l’axe est 2/3 et celle au-dessus est 4/3. L’intégrale vaut 4/3 − 2/3 = 2/3 ; l’aire géométrique vaut 4/3 + 2/3 = 2. Les rectangles donnent une approximation, pas ces valeurs exactes.
Lire les valeurs et les coordonnées
Pour x² − 1, l’aire sous l’axe est 2/3 et celle au-dessus est 4/3. L’intégrale vaut 4/3 − 2/3 = 2/3 ; l’aire géométrique vaut 4/3 + 2/3 = 2. Les rectangles donnent une approximation, pas ces valeurs exactes.
Avec c = 4, toute la courbe est sous l’axe, sauf à son extrémité droite. Explique pourquoi l’intégrale est négative alors que l’aire reste positive. Pour calculer l’aire, à quel endroit dois-tu couper l’intervalle quand 0 < c < 4 ?
\(c\)
signe sur \([0,2]\)
intégrale signée
aire géométrique
\(0\)
positif ou nul
\(8/3\)
\(8/3\)
\(1\)
négatif puis positif
\(2/3\)
\(2\)
\(4\)
négatif ou nul
\(-16/3\)
\(16/3\)
L'idée des sommes de Riemann
Étape 1 : découper l'intervalle. Pour \(a<b\) et un entier \(n\geqslant1\), on partage \([a,b]\) en \(n\) intervalles de même largeur :
\[\Delta x = \frac{b-a}{n}\]
Les points de subdivision sont : \(x_0=a\), \(x_1=a+\Delta x\), \(x_2=a+2\Delta x\), …, \(x_k=a+k\,\Delta x\), …, \(x_n=b\).
En général : \(\boldsymbol{x_k = a + k\cdot\frac{b-a}{n}}\) pour \(k=0,1,\ldots,n\).
Étape 2 : construire les rectangles. Sur chaque intervalle \([x_k,x_{k+1}]\), on construit un rectangle de largeur \(\Delta x\) et de hauteur \(|f(x_k)|\), en utilisant la valeur de \(f\) au bord gauche. Sa contribution signée est :
\[\begin{aligned}&\text{Contribution signée du rectangle } k\\&= f(x_k)\times\Delta x\end{aligned}\]
Étape 4 : passer à la limite. Pour une fonction continue sur \([a,b]\), avec \(a<b\), les sommes convergent lorsque \(n\) tend vers l'infini. Cela ne signifie pas que l'erreur décroît à chaque augmentation de \(n\) pour toute fonction ; un encadrement justifié donne un contrôle plus précis. L'intégrale est la limite de cette somme :
Ces sommes donnent un pont entre des calculs finis et une aire. Pour une fonction croissante, les rectangles gauches minorent et les rectangles droits majorent : on peut contrôler l'écart avant de connaître une primitive.
Relier l'aire et la dérivée
Le cours formel
Primitives : définition et unicité
Tableau des primitives usuelles
Primitives des fonctions composées
C'est le cœur technique du chapitre. L'idée est de reconnaître dans l'expression à primitiver une forme \(g'(u(x))\cdot u'(x)\), qui est la dérivée de \(g(u(x))\) par la règle de la chaîne.
Dans la première ligne, \(n\) est entier. Pour une puissance réelle non entière \(\alpha\), on travaille avec \(u>0\) et \(\alpha\neq-1\), comme dans la fiche 11. Les conditions portent sur tout l'intervalle de travail.
Calcul numérique : rectangles, milieux et trapèzes
Pour \(f\) continue sur \([a,b]\), \(a<b\), \(n\geqslant1\) et \(h=(b-a)/n\), pose \(x_k=a+kh\). Quatre approximations utilisent les mêmes subdivisions :
La dernière somme remplace chaque arc par une corde : chaque morceau devient un trapèze. On a \(T_n=(L_n+R_n)/2\). Pour une fonction croissante, \(L_n\) minore et \(R_n\) majore l'intégrale ; pour une fonction décroissante, les rôles sont inversés. Sans monotonie, les sommes gauche et droite ne fournissent pas automatiquement un encadrement. La convergence des quatre méthodes pour une fonction continue est admise ; l'activité et la preuve suivantes donnent des contrôles concrets.
from math import isfinite, fsum
def quadratures(f, a, b, n):
if type(n) is not int or n < 1:
raise ValueError("n doit etre un entier positif")
if not (isfinite(a) and isfinite(b) and a < b):
raise ValueError("bornes finies avec a < b")
h = (b - a) / n
if not isfinite(h) or h <= 0:
raise ValueError("pas non representable")
gauche, droite, milieu = [], [], []
for k in range(n):
xg = a + k * h
xd = b if k == n - 1 else a + (k + 1) * h
if not xg < xd:
raise ValueError("subdivision confondue par arrondi")
vals = (f(xg), f(xd), f(xg + (xd - xg)/2))
if not all(isfinite(v) for v in vals):
raise ValueError("valeur non finie")
gauche.append(vals[0])
droite.append(vals[1])
milieu.append(vals[2])
L, R, M = (h * fsum(v) for v in (gauche, droite, milieu))
T = L/2 + R/2
if not all(isfinite(v) for v in (L, R, M, T)):
raise ValueError("resultat non fini")
return L, R, M, T
Les valeurs calculées sont des flottants ; vérifier seulement un nombre fini de points ne prouve pas que la fonction est continue entre eux. On justifie le domaine et la monotonie avant d'interpréter ces résultats comme bornes théoriques. Les tests du code détectent quelques entrées invalides et un pas trop petit, sans certifier les erreurs d'arrondi.
Monte-Carlo : une estimation aléatoire
Pour estimer \(\int_0^1x^2\,\mathrm{d}x\), choisissons des points uniformément dans le carré unité. La proportion située sous \(y=x^2\) estime l'aire cherchée. Dans le modèle, les tirages sont indépendants ; la loi des grands nombres explique la convergence de la fréquence vers la probabilité \(p=1/3\). Une réalisation finie ne donne pas une borne certaine et l'erreur peut augmenter lorsque l'on ajoute des points.
from random import Random
def monte_carlo_carre(n, seed=0):
if type(n) is not int or n < 1:
raise ValueError("n doit etre un entier positif")
rng = Random(seed)
succes = 0
for _ in range(n):
x, y = rng.random(), rng.random()
if y <= x*x:
succes += 1
return succes / n
print(monte_carlo_carre(10000, seed=7))
La graine rend l'expérience reproductible ; le générateur simule les tirages du modèle. Avec \(N\) points indépendants, la variance de la fréquence est \(p(1-p)/N\leqslant1/(4N)\). L'inégalité de Bienaymé-Tchebychev, étudiée avec les probabilités, donne
Cette majoration concerne une probabilité d'erreur, pas chaque simulation isolée. Pour \(N=10000\) et \(\varepsilon=0{,}05\), elle vaut \(0{,}01\) ; elle reste assez prudente. Pour cette intégrale simple, les méthodes déterministes sont beaucoup plus précises à coût comparable ; Monte-Carlo introduit une autre façon d'estimer une accumulation.
Brouncker : calculer le logarithme de 2 avec des rationnels
La série associée à Brouncker s'écrit, en regroupant les termes par paires,
from fractions import Fraction
def brouncker(n):
if type(n) is not int or n < 1:
raise ValueError("n doit etre un entier positif")
bas = Fraction(0)
for k in range(n):
bas += Fraction(1, (2*k + 1)*(2*k + 2))
haut = bas + Fraction(1, 2*n + 1)
return bas, haut, (bas + haut)/2
bas, haut, milieu = brouncker(10)
print(bas, haut)
print(float(milieu))
Ici les bornes retournées sont des fractions exactes : leur preuve s'applique sans erreur d'arrondi. Convertir en flottant permet un affichage approché, mais ne transforme pas un arrondi vers l'intérieur en borne valide. Les grands dénominateurs rendent cette version exacte moins rapide qu'une somme flottante.
\(n\)
\(B_n\) approché
\(U_n\) approché
moyenne approchée
1
0,500000
0,833333
0,666667
2
0,583333
0,783333
0,683333
10
0,668771
0,716390
0,692581
100
0,690653
0,695629
0,693141
Boîte à outils : Réflexes pour le bac
Exercices
Exercice 1 ★☆☆ : Primitives directes
Déterminer une primitive de chaque fonction sur son domaine :
\(f(x)=3x^2-2x+5\)
\(f(x)=\frac{1}{x^3}\) sur \(]0,+\infty[\)
\(f(x)=\sqrt{x}\) sur \(]0,+\infty[\)
\(f(x)=4\e^x-\frac{1}{x}\) sur \(]0,+\infty[\)
\(f(x)=\cos x-3\sin x\)
\(f(x)=\frac{2}{\cos^2 x}\) sur \(]-\frac\pi2,\frac\pi2[\)
\(f(x)=5\e^{-2x}\)
\(f(x)=x^{3/2}\) sur \(]0,+\infty[\)
Exercice 2 ★☆☆ : Intégrales directes
Calculer :
\(\int_0^2(3x^2+1)\,\mathrm{d}x\).
\(\int_1^4\frac1{\sqrt x}\,\mathrm{d}x\).
\(\int_0^1\e^{-x}\,\mathrm{d}x\).
\(\int_0^{\pi/3}\sin x\,\mathrm{d}x\).
\(\int_1^\e\frac3x\,\mathrm{d}x\).
\(\int_0^1(x+1)^3\,\mathrm{d}x\).
Exercice 3 ★☆☆ : Primitive avec condition initiale
Déterminer la primitive \(F\) de \(f\) vérifiant la condition :
\[f(x)=4x^3,\]
\[F(1)=2.\]
\[f(x)=\cos x,\]
\[F(\frac\pi2)=3.\]
\[f(x)=\e^{2x},\]
\[F(0)=1.\]
\(f(x)=\frac{1}{x}\) sur \(]0,+\infty[\), \(F(1)=0\).
Exercice 4 ★★☆ : Primitives composées
Déterminer une primitive. Préciser \(u\) et \(u'\) à chaque fois.
Calculer \(\displaystyle\int_0^1 x^2\e^x\,\mathrm{d}x\) en effectuant deux IPP successives.
Exercice 9 ★★☆ : Fonction intégrale et TFA
\(F(x)=\displaystyle\int_0^x\frac{1}{1+t^2}\,\mathrm{d}t\), pour \(x\in\R\). Dans les questions d) et e), \(\arctan\) désigne la fonction réciproque de la tangente restreinte à \(]-\pi/2,\pi/2[\) ; sa dérivée est admise. Ainsi \(\arctan0=0\) et \(\arctan1=\pi/4\).
Calculer \(F'(x)\) et \(F(0)\).
Montrer que \(F\) est strictement croissante.
Montrer que \(F\) est impaire.
Calculer \(F(1)\) sachant que \((\arctan x)'=\frac{1}{1+x^2}\).
Montrer que \(\lim_{x\to+\infty}F(x)=\frac\pi2\).
Exercice 10 ★★☆ : Sommes de Riemann
Reconnaître une somme de Riemann et calculer la limite :
Montrer que \(1\leqslant\displaystyle\int_0^1\e^{x^2}\,\mathrm{d}x\leqslant\e\).
On prolonge \(\sin x/x\) par la valeur 1 en zéro. Montrer que \(\frac{\pi}{4}-\frac{\pi^3}{192}\leqslant\displaystyle\int_0^{\pi/4}\frac{\sin x}{x}\,\mathrm{d}x\leqslant\frac{\pi}{4}\).
Exercice 12 ★★☆ : Linéarisation et intégration trigo
Expliquer pourquoi la formule de Machin converge beaucoup plus vite que la formule de Leibniz. Donner des nombres de termes suffisants pour les deux séries, avec un contrôle de l'erreur absolue sur \(\pi\) inférieur à \(5\times10^{-11}\). Expliquer ce qu'il faut encore vérifier pour certifier un arrondi à 10 décimales.
Dans l'exercice 4, les fonctions sont définies sur \(\R\), sauf d) sur les intervalles évitant les zéros de cosinus, et g) sur ceux évitant \(-\pi/2+2k\pi\). En a), \(x^2+x+3=(x+1/2)^2+11/4>0\) ; en g), \(1+\sin x>0\) sur le domaine. Une constante différente peut être choisie sur chaque composante.
a)\(u=x^2+x+3\), \(u'=2x+1\). Forme \(\frac{u'}{u}\). Primitive : \(\ln(x^2+x+3)+C\).
b)\(u=3x-1\), \(u'=3\). On a \(u^5\) avec le facteur \(1\) au lieu de \(u'=3\). On ajuste : \(\frac{1}{3}\cdot\frac{(3x-1)^6}{6}=\frac{(3x-1)^6}{18}+C\).
c)\(u=x^2\), \(u'=2x\). On a \(x\e^{u}=\frac{1}{2}u'\e^u\). Primitive : \(\frac{1}{2}\e^{x^2}+C\).
La fonction \(H\) est constante sur \(\R\) et \(H(0)=0\), donc \(F(-x)=-F(x)\). Ce raisonnement évite d'utiliser un changement de variable d'intégration non encore établi.
\[\begin{aligned}F(x) &= \int_0^x\frac{\mathrm{d}t}{1+t^2}\\[.35em]&= \arctan x
.\end{aligned}\]
La fonction \(\arctan\) est croissante et majorée par \(\pi/2\), donc possède une limite \(\ell\leqslant\pi/2\). Si \(\ell<\pi/2\), la continuité de la tangente en \(\ell\) donnerait \(\tan(\arctan x)\to\tan\ell\) fini, alors que ce nombre est \(x\to+\infty\). Donc \(\ell=\pi/2\).
Exercice 10
a)\(f(x)=\frac{1}{1+x}\) continue sur \([0,1]\). \(\frac{1}{n}\sum_{k=1}^n\frac{1}{1+k/n}\) est une somme de Riemann (borne droite). Limite :
b)\(\sum_{k=0}^{n-1}\frac{1}{n+k}=\frac{1}{n}\sum_{k=0}^{n-1}\frac{1}{1+k/n}\) : somme de Riemann de \(\frac{1}{1+x}\) sur \([0,1]\). Limite : \(\ln 2\).
c)\(\frac{1}{n}\sum_{k=0}^{n-1}\e^{k/n}\) : somme de Riemann de \(\e^x\) sur \([0,1]\). Limite : \(\int_0^1\e^x\,\mathrm{d}x=\e-1\).
d)\(\frac{1}{n}\sum_{k=1}^n\sqrt{\frac{k}{n}}\) : somme de Riemann de \(\sqrt{x}\) sur \([0,1]\). Limite :
a) Pour \(x\in[0,1]\) : \(0\leqslant x^3\leqslant 1\), donc \(1\leqslant 1+x^3\leqslant 2\) et \(\frac{1}{2}\leqslant\frac{1}{1+x^3}\leqslant 1\).
En intégrant : \(\frac{1}{2}\leqslant\int_0^1\frac{1}{1+x^3}\,\mathrm{d}x\leqslant 1\).
b) Sur \([0,1]\) : \(0\leqslant x^2\leqslant 1\), donc \(\e^0\leqslant\e^{x^2}\leqslant\e^1\). En intégrant : \(1\leqslant\int_0^1\e^{x^2}\,\mathrm{d}x\leqslant\e\).
c) L'exercice 12 de la fiche de trigonométrie a démontré par dérivées successives \(x-x^3/6\leqslant\sin x\leqslant x\) pour \(x\geqslant0\). Pour \(x>0\), on divise par \(x\) ; en zéro, la fonction prolongée vaut 1. On peut donc intégrer l'encadrement continu sur tout le segment :
Comme \(\pi^3/1152<\pi^3/192\), cette borne inférieure est plus forte que celle demandée et l'implique. On utilise une inégalité démontrée sur tout le segment, pas une approximation locale sans contrôle du reste.
a)\((uv)'=u'v+uv'\). En intégrant : \(\int_a^b(uv)'=\int_a^b u'v+\int_a^b uv'\). Or \(\int_a^b(uv)'=[uv]_a^b\). D'où \(\int_a^b uv'=[uv]_a^b-\int_a^b u'v\).
b) Reprends la preuve guidée « Une petite bande d'aire donne la valeur de la fonction ». Pour \(h>0\), le quotient est entre \(f(x)\) et \(f(x+h)\) ; pour \(h<0\), il est entre \(f(x+h)\) et \(f(x)\). La continuité donne sa limite et donc \(A'=f\). Puis \(F-A\) est constante sur l'intervalle, d'où la formule de calcul aux bornes.
c) Reprends la preuve guidée « Quand une intégrale nulle impose-t-elle une fonction nulle ? ». Un point de valeur strictement positive donnerait, par continuité et avec \(a<b\), un petit segment de longueur positive où la fonction est minorée par une constante positive. Son intégrale serait strictement positive, contradiction. Le cas d'un point situé à une extrémité est traité par un voisinage relatif au segment.
d) Sur \([0,\frac\pi2]\) : \(0\leqslant\cos x\leqslant 1\), donc \(\cos^{n+1}x\leqslant\cos^n x\). En intégrant : \(I_{n+1}\leqslant I_n\). De plus \(I_n>0\) (intégrale d'une fonction positive non nulle). Donc \((I_n)\) décroissante positive, elle converge.
e) Pour \(n\geqslant0\), la décroissance et la récurrence donnent
Donc le produit tend vers \(\pi/2\). Contrôle avec \(n=1\) : \(I_3/I_2=8/(3\pi)\) correspond bien à \((2/\pi)(4/3)\). Il n'est pas nécessaire d'introduire ici une équivalence non expliquée pour les intégrales.
Corrigé du problème
Partie A : L'intégrale fondamentale et la formule de Leibniz
5. Avec \(N=n+1\) termes, on approche \(\pi\) par \(4\sum_{k=0}^{N-1}(-1)^k/(2k+1)\). L'erreur est donc au plus \(4/(2N+1)\) : le facteur 4 est indispensable.
Il suffit de \(200\) termes. Pour \(10^{-6}\), on obtient \(N\geqslant1999999{,}5\), donc \(2000000\) termes. Ce sont les premiers entiers satisfaisant cette garantie, pas une preuve de minimalité pour l'erreur réelle.
Partie B : Sommes de Riemann et encadrement de \(\pi\)
6.\(f(x)=\frac{1}{1+x^2}\) est continue sur \([0,1]\). Par le théorème des sommes de Riemann :
Les bornes exactes sont \(S_4^-=2449/3400\) et \(S_4^+=1437/1700\). Un encadrement décimal arrondi vers l'extérieur est \(0{,}720\leqslant\pi/4\leqslant0{,}846\), donc \(2{,}880\leqslant\pi\leqslant3{,}384\). La valeur approchée \(0{,}845\) ne serait pas une borne supérieure déduite du calcul, car elle est inférieure à \(S_4^+\).
\(\alpha,\beta\in\,]0,\frac\pi4[\) donc \(\alpha+\beta\in\,]0,\frac\pi2[\). Or \(\tan(\alpha+\beta)=1\) et \(\alpha+\beta\in\,]0,\frac\pi2[\) : \(\alpha+\beta=\frac\pi4\).
Justifions l'intervalle permettant d'inverser la tangente. Comme \(0<\alpha<\pi/4\), on a \(0<2\alpha<\pi/2\). La tangente est croissante sur cet intervalle et \(\tan(2\alpha)=5/12<1\), donc \(2\alpha<\pi/4\) et \(0<4\alpha<\pi/2\). Ainsi \(4\alpha-\pi/4\in]-\pi/4,\pi/4[\). La tangente y est injective, ce qui donne \(4\alpha-\pi/4=\arctan(1/239)\). Le calcul de la tangente seul ne déterminait l'angle qu'à un multiple de \(\pi\) près. D'où \(\frac\pi4=4\arctan\frac{1}{5}-\arctan\frac{1}{239}\).
11. Pour \(0\leqslant z\leqslant1\) et \(N\geqslant1\), l'identité géométrique finie intégrée entre 0 et \(z\) donne
\[\begin{aligned}\arctan z &=\sum_{k=0}^{N-1}\frac{(-1)^kz^{2k+1}}{2k+1}+r_N(z),\\|r_N(z)| &\leqslant\frac{z^{2N+1}}{2N+1}.\end{aligned}\]
Le signe du reste est \((-1)^N\) pour \(z>0\). Pour \(\pi=16\arctan(1/5)-4\arctan(1/239)\), l'erreur cumulée de \(N\) et \(M\) termes est au plus
Avec \(N=8\) et \(M=2\), elle est inférieure à \(2{,}26\times10^{-12}\), donc à \(5\times10^{-11}\). Un seul terme pour \(1/239\) donnerait une borne de contribution supérieure à \(9\times10^{-8}\), insuffisante à cette précision. Le facteur 16 et les deux séries doivent être pris en compte.
Pour certifier l'arrondi à 10 décimales, on calcule la somme rationnelle exacte \(P_{8,2}\), puis on vérifie que tout l'intervalle \([P_{8,2}-E_{8,2},P_{8,2}+E_{8,2}]\) appartient à la même cellule d'arrondi. Ici cet intervalle est contenu dans \([3{,}14159265355,3{,}14159265365[\) ; l'arrondi est donc \(3{,}1415926536\). Une petite erreur absolue, sans position de l'intervalle par rapport aux frontières d'arrondi, ne suffit pas toujours à affirmer les mêmes décimales.
Cette méthode exige peu de termes parce que les puissances comportent \(5^{2k+1}\) et \(239^{2k+1}\) ; le contrôle de Leibniz décroît seulement comme \(1/N\). Nous comparons des nombres de termes et des bornes, sans assimiler leur rapport à un facteur universel de temps de calcul.
Bilan à vérifier par une variante
Peux-tu choisir et vérifier une primitive, expliquer le signe d'une intégrale, calculer une aire entre courbes et une moyenne, écrire une IPP sans perdre un terme de bord, ou justifier un encadrement numérique ? Une réponse accompagnée de son domaine et d'un contrôle est plus informative qu'une formule seule.
Variante sans corrigé : pour \(f(x)=x^2-2x\) sur \([0,3]\), détermine une primitive qui vaut 4 en zéro. Calcule ensuite l'intégrale, l'aire géométrique et la valeur moyenne. Dessine les deux régions avant de calculer. Pour prolonger, pose \(J_n=\int_0^1x^n\e^{-x}\,\mathrm{d}x\) : cherche une récurrence et un encadrement prouvant la convergence vers zéro.
Prochaine fiche : équations différentielles, où l'inconnue est une fonction dont on connaît une relation avec sa dérivée.
Maîtrise du chapitre
Validation contrôlée
Réponds aux QCM, sélectionne les bonnes propositions ou remets les étapes dans l'ordre. Le site vérifie chaque réponse avant d'ouvrir la balise suivante.